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 C'est beaucoup trop tôt ! [libre]

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Louison D'Alayrac
Sixième année MercoeuravatarSixième année Mercoeur
Messages : 20
Date d'inscription : 08/01/2012
Age : 25
Localisation : Je suis là
MessageSujet: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Lun 9 Jan - 19:30

Tout le monde aime ouvrir les yeux juste avant que son réveil ne sonne, ça nous donne étrangement l’illusion d’avoir encore une bonne partie de la nuit devant nous. On referme les yeux avec plaisir et on savoure alors chaque minute, même si chacune d’entre elles nous rapproche inévitablement du moment fatidique, de cette sonnerie stridente qui nous apprend que la journée ne fait que commencer et va certainement être interminable.
Louison était, pour employer une expression bien connue, l’exception qui confirme la règle. Les matins où elle avait le malheur d’ouvrir les yeux avant l’heure prévue, elle commençait par paniquer croyant qu’elle n’avait simplement pas entendue la sonnerie et qu’elle était effroyablement en retard. C’était rarement le cas, mais la jeune fille mettait un point d’honneur à être ponctuelle à chacun de ses cours, et elle ne supportait pas l’absence d’excuse valable pour expliquer son retard. Une fois la panique évacuée par deux coups d’œil successifs à son réveil et à sa montre, elle n’arrivait plus à fermer l’œil. Les grasses matinées à se prélasser dans son lit n’étaient pas vraiment son fort et elle préférait de loin consacrer son temps libre à une toute autre activité que la flemmardise.

Cette belle journée d’hiver commença justement par un «réveil panique », et c’est donc vers cinq heures trente que la jeune fille émergea d’un rêve sympathique, peuplé de créatures créées par son subconscient. Après avoir accompli le rituel des « réveils paniques », Louison se releva doucement dans son lit, s’asseyant afin de réfléchir à une activité susceptible d’occuper le temps qui lui restait avant que les autres Mercoeurs émergent à leur tour. Louison n’eut pas à réfléchir bien longtemps, elle avait de toute façon toujours une foule de choses à faire, et jamais assez de temps pour s’y consacrer. Elle s’habilla donc en vitesse sans prendre la peine de se maquiller, dans le noir ce n’est pas vraiment évident, puis elle sortit de son dortoir sur la pointe des pieds, craignant de réveiller une de ses camarades.
Son objectif était des plus simples, elle allait tout simplement se rendre au pigeonnier et envoyer des nouvelles à sa famille qui devait s’inquiéter d’un aussi long laps de temps sans entendre parler de leur ainée. Le sens de l’orientation de la sixième année laissait à désirer et c’est après plusieurs hésitations et détoures interminables qu’elle parvint enfin à destination. Louison n’avait jamais eu son propre hibou et ne tenait pas spécialement à en posséder un, jugeant cet animal, bien qu’intelligent un peu trop distant pour elle, préférant de lui la tendresse que pouvait lui apporter son chat. Ces animaux ne sont pourtant pas réputés pour leur proximité avec les êtres humains, mais la bonne étoile de Lou avait veillée à ce que ce soit différent pour elle.
La jeune fille s’assit à même le sol, se trouvant subitement stupide, de ne pas avoir pensé à écrire sa lettre la veille au soir en utilisant une table comme tout le monde, ça lui aurait certainement évité de tracer ses lettres en hiéroglyphes, mais il lui aurait été difficile de prévoir ce réveil anticipé. Mordillant le bout de son crayon, Louison réfléchit quelques secondes pour trouver les bons mots, avant de rédiger d’une seule traite.


Cher papa, chère maman, et tous mes petits loulous,
Je suis désolée de ne pas vous avoir donné de mes nouvelles plus tôt. Tout se passe très bien à l’Académie, comme d’habitude. J’aurais aimé pouvoir rentrer à la maison pour les vacances de Noël, passer les fêtes de fin d’année sans vous me fera certainement beaucoup de peine, d’autant plus que c’est la deuxième année consécutive, mais la fin de ma scolarité étant pour bientôt, mon rythme de travail s’intensifie. Comment ça se passe à la maison ? Aimée a-t-elle gagné son premier prix en dessin ? Si c’est le cas félicitation ma belle, tu l’as bien mérité. Cette page est certainement beaucoup trop petite pour que je vous dise à quel point vous me manquez, je vous aime, l’année scolaire passera vite.


Louison écrivit son prénom suivi d’un petit cœur en guise de signature et roula la courte missive avant d’y accrocher un ruban qu’elle espérait assez solide pour pouvoir tenir pendant tout le trajet. Elle allait accrocher sa lettre à la patte d’un hibou qu’elle venait de repérer, quand un bruit de pas se fit entendre, la personne se rapprochait dangereusement du pigeonnier. Qui pouvait bien être aussi matinal qu’elle ? Il fallait espérer que ce n’était pas un Montmorency.


Dernière édition par Louison D'Alayrac le Ven 13 Jan - 13:01, édité 1 fois
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Arthur Ronce-Rouge
Sixième année MercoeuravatarSixième année Mercoeur
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Mar 10 Jan - 13:54

Les rumeurs se propageaient vite à Beauxbâtons. Des rumeurs inquiétantes, mais jusqu'alors infondées. Arthur ne savait pas trop qu'en penser, incapable de juger la situation réelle par lui même. A Mercoeur tout particulièrement, ces rumeurs avaient toute leur importance. Certains hybrides de l'armoirie parlaient souvent de rejoindre le camp des rebelles si le Ministère parvenait à intervenir dans la vie de l'Académie, tandis que d'autres, dont Arthur, cherchaient déséspérément à concilier les esprits afin d'éviter que Beauxbâtons en soit réduite à ce choix.

Ce matin là, Arthur décida d'envoyer une lettre à son père pour avoir des nouvelles et se tenir au courant de la situation de son clan dans cette période troublée. Il craignait que les satyres n'aient déjà changé de place et que sa lettre n'arrive pas à destination.. Comment ferait il pour les retrouver alors ? Ces soucis n'empêchèrent pas le Mercoeur à mettre un temps fou à sortir du lit alors que ses amis se préparaient déjà pour descendre. Il ne dut son lever qu'à l'intervention opportune de Gros-Tas, son chat, qui réclammait énergiquement une place confortable sur son lit ( visiblement, Arthur n'était pas "confortable" ). Grognon et un tantinêt vexé, le jeune homme mit Gros-Tas à la porte, malgré ses nombreuses protestations et se prépara non sans difficultés avant de se diriger vers le réfectoire.

Penché au dessus de son bol de café fumant, les yeux perdus dans le vide, le garçon décida de vérifier son emploi du temps. Double cours d'histoire de la magie, double cours d'herbologie, pause, magiezoologie, pause, double cours de divination. Arthur grogna en se demandant ce qui pouvait à ce point au sadisme Madame Maxime quand elle faisait les emplois du temps. Théo, assit non loin, lui lança un regard compatissant tant et si bien qu'Arthur ne put réprimer son sourire. Bien que de la même année que lui, son meileur ami n'en avait pas moins un emploi du temps allégé ce our là, et il ne se privait jamais de le lui faire remarquer. Le Mercoeur relut rapidement les notes de son dernier cours d'histoire de la magie, au cas ou le professeur ne décide de les interroger à nouveau. Il lança un regard envieux à un groupe de Mercoeur qui remontaient se coucher, visiblement impatients de retrouver la quiétude de leurs lits. Tendant l'oreille, il réalisa qu'il s'était probablement trompé de jour : tout le monde semblait croire qu'on était samedi, et il y avait fort peu de personnes dans le Réfectoire ce matin là. Se maudissant, il décida de se rendre aussitôt au pigeonnier, afin de pouvoir envoyer au plus vite sa lettre et de pouvoir se recoucher juste après.

L'air était vivifiant, et le vent pluvieux qui agitait Beauxbâtons en cette matinée d'Octobre rassurait le jeune hybride. Il y avait au moins un endroit à l'Académie où la nature ne pouvait être entravée par la magie. Il prit tout son temps sur le trajet, profitant joyeusement de ce moment qu'il ne passerait pas enfermé entre quatre murs. Le pigeonnier se dressait silencieusement devant lui, aussi silencieux qu'une église. Il monta les marches quatre à quatre, impatient d'envoyer enfin sa lettre. Une silhouette féminine se tenait là, au centre de la pièce, visiblement aux aguets. Une Montmorency ? Mauvais plan. A moins que cela ne soit une Armagnac ou une Courtenay, alertée par sa venue ? Hésitant, il finit par se décider de continuer d'avancer comme si de rien n'était.

Arthur choisit d'ignorer la jeune fille en lui tournant le dos, prit un hiboux ( un beau hiboux noir ), lui attacha soigneusement sa lettre à la pate et le regarda s'envoler. Il réalisa alors que la fille n'était pas encore partie. D'un geste mécanique, le Mercoeur vérifia qu'il portait son chapeau, puis se retourna.

Louison. Un large sourire éclaira son visage. La jeune fille était dans son année, et elle appartenait à la même armoirie que lui. Ils se voyaient tout les jours, mais au final, Arthur ne savait as grand chose sur elle. Il la savait très studieuse, du moins elle en donnait l'apparence, si bien qu'elle n'avait rien à envier aux Lusignan, et plutôt bien integrée parmis les Mercoeur. Mais qui ne l'était pas ? Ah oui, il avait entendu qu'elle avait integré l'équipe de Quidditch en tant que Poursuiveuse. Voilà. Fort peu de choses en réalité.


- Tiens, salut. J'ai failli te prendre pour quelqu'un de peu fréquentable.

Il marqua une pause. Théoriquement, la question la plus appropriée aurait été : "qu'est ce que tu fais ici?", mais étant donné le lieu, la réponse allait de soi.

- Tu viens souvent ici ?
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Louison D'Alayrac
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Mer 11 Jan - 10:50

Louison attendit le cœur battant l’entrée de la personne en question, elle n’avait de toute façon aucune autre issue pour s’enfuir, et la socialisation semblait être inévitable. Mais peut-être avait-elle trop dramatisée l’épisode embarrassant qui allait probablement suivre puisque ce fut un Mercœur qui pénétra à son tour dans le pigeonnier. Louison le connaissait pour l’avoir croisé à plusieurs reprises en salle commune ou sur le terrain de quidditch puisqu’ils faisaient tous les deux partis de l’équipe depuis un bout de temps déjà. Malgré ça, ils n’avaient jamais pris la peine de bien se connaitre, échangeant bien souvent un nombre incalculable de banalités avant de retourner à leurs occupations respectives, la demoiselle était peut-être passée à côté de quelque chose en ne se donnant pas la peine de faire le premier pas. Mais Louison n’avait aucun regret, si elle n’était pas allé le voir, il ne l’avait pas fait non plus, ils étaient tous les deux tout aussi coupables.
La jeune fille s’apprêta tout de même à se lever pour le saluer, un peu de politesse ne lui ferait pas de mal, mais en relevant la tête elle s’aperçut qu’il ne lui prêtait pas la moindre attention, pourtant sa tenue n’était pas en adéquation avec le mur derrière elle, et elle n’avait pas de cape d’invisibilité en sa possession. Louison resta donc sagement assise sur son rebord de fenêtre, le dos appuyé contre le mur, elle n’allait pas s’évertuer à engager une conversation avec quelqu’un qui ne daignait même pas lui adresser un seul regard.


*Je suis là, espèce de malpoli.*

Louison n’avait plus qu’à attendre bien sagement que le jeune homme finisse d’écrire sa lettre et qu’il sorte du pigeonnier avant d’envoyer la sienne à son tour, jusque-là elle pouvait très bien rester assise, son imagination lui tiendrait certainement compagnie pendant qu’elle patienterait. Résignée elle ferma les yeux, s’apprêtant à partir dans son monde pour ne revenir sur la terre ferme que quelques instants plus tard, cependant une voix la tira de sa rêverie avant même qu’elle n’ait eu le temps de la commencer.

« Tiens, salut. J'ai failli te prendre pour quelqu'un de peu fréquentable. »

Agréable comme entrée en matière, un « je suis ravi de te voir » aurait très certainement aussi bien pu faire l’affaire. Mais c’était plutôt rassurant de se dire qu’il ne l’avait juste pas reconnu plutôt qu’il n’avait pas envie de venir lui parler. Un bon point pour Arthur. Mais s’il l’avait confondu avec un Montmorency, la jeune fille n’avait pourtant pas l’impression d’avoir une attitude de jeune fille hautaine, et même si elle se forçait à prendre la même expression qu’une de ces pimbêches elle ne serait certainement pas très crédible. La comparaison restait de toute façon peu flatteuse, mais Louison n’allait certainement pas prendre la mouche pour si peu, d’autant plus que ce n’était pas forcément ce qu’Arthur avait voulu dire, et on pouvait interpréter ses paroles de farçons différentes. La sixième année sauta donc de son perchoir avec un grand sourire et se rapprocha de son camarade, il était encore tôt et elle avait largement le temps de papoter avant de se rendre en cours, alors pourquoi s’en priver ?

« Ravie de te voir également.»

Le ton de sa voix était teinté d’un certain enthousiasme surement provoqué par la bonne humeur qu’elle avait finis par retrouver malgré un réveil catastrophique. Elle avait décidément eut de la chance de tomber sur un membre de son armoirie. Remarque vu l’heure qu’il était, la probabilité qu’elle croise un « ennemi » était mince, à cette heure-là, le genre de personne qu’elle redoutait devait à peine commencer sa séance de maquillage, camouflant méthodiquement chaque petite imperfection, ressortant une bonne heure plus tard avec la tête d’un pot de peinture, mais un pot de peinture heureux et satisfait du résultat, c’était le principal.
Mais Louison s’égarait, encore une fois son côté lunatique refaisait surface et la plongeait dans ses pensées. Revenue enfin à la réalité, elle eut la vague impression que son camarade lui avait posé une question, mais malheureusement, elle n’aurait pas vraiment su dire laquelle, elle nageait dans le brouillard, elle allait certainement s’en souvenir tôt ou tard, mais rester debout à regarder Arthur fixement sans ouvrir la bouche allait certainement la faire passer pour une folle.


« Hein… Euh quoi ?.... Ah oui, si je viens souvent ici ?... Ben, seulement quand j’ai une lettre à envoyer, je n’ai pas de hibou, donc aucun animal à venir voir ici, et je vois pas vraiment ce que je pourrais y faire d’autre. »

Louison se retint de lui renvoyer la question, supposant que la réponse serait du même acabit, elle n’en voyait donc pas vraiment l’utilité. D’autant plus que la jeune fille avait une toute autre chose en tête, sa curiosité allait encore frapper et c’était déplorable. Comment pouvait-on être curieux et timide à la fois ? Elle n’en savait rien, mais ses deux traits de caractères étaient affreusement incompatibles.

« Hmmm… Tu écris à qui ? »

La Mercoeur tentait de prendre un air désinvolte, comme si elle posait cette question à titre simplement informatif et non pas parce qu’elle brulait de savoir ce qui ne la regardait pas, mais elle n’avait jamais été très douée pour jouer la comédie, son impatience devait certainement transparaitre, même si elle ne s’en rendait pas compte.
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Arthur Ronce-Rouge
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Ven 20 Jan - 12:36

Louison sembla vaguement agacée qu'Arthur ne lui ai pas prêté attention avant. Sa comparaison avec les Montmorency n'était non plus, il fallait bien le reconnaître, élogieuse. Elle semblait cependant relativement contente de le voir.

- Hmmm… Tu écris à qui ?

Le demi-satyre sourit. Le comportement de la jeune fille était inhabituel, un peu gauche, quelque peu ambivalent. On y sentait une certaine retenue, probablement due à la timidité qu'on lui connaissait bien, à Mercoeur, mêlée à une certaine envie d'en savoir plus, non pas comme les Montmorency ou les Conti afin de colporter des rumeurs, mais plutôt comme une curiosité amicale, bien que véritable. Cette association presque contradictoire qu'on pouvait sentir à cet instant chez elle était plutôt amusant. N'ayant rien à cacher, Arthur répondit très naturellement :

- Oh, eh bien c'est une lettre que j'envoie à mon père pour savoir s'il va bien, tout simplement. Les satyres ont plutôt du soucis à se faire en ce moment, donc je me tiens au courant. J'imagine que c'est normal de se raprocher de sa famille en des temps pareils, tu ne crois pas ?

Il ne précisa pas que sa "famille" n'était pas une famille au sens courant du terme. Arthur n'avait pas de mère, ou du moins ne l'avait il jamais connue, et son seul parent véritable était son père. Quant à sa famille, il s'agissait pour lui à la fois de son père et des satyres avec qui il avait tissé un lien fort et qu'il considérait comme ayant un lien de parenté. Bien sur, il y avait dans son clan des satyres avec qui il s'entendait très mal, et dont chaque rencontre devenait rapidement une plaie.

Louison devait certainement savoir qu'il était hybride, sa nature n'étant un secret pour personne à Beauxbâtons, encore moins à Mercoeur. De plus, depuis qu'ils se crosaient plusieurs fois par semaine au terrain de Quidditch, nul doute que certaines de ses "marques" aient étées largement visibles. Le Quidditch. Oui, Louison était devenue Capitaine de l'équipe cette année là, nommée par le nouveau Professeur de Vol, un joueur à la réputation internationnale mais dont Arthur ne savait finalement pas grand chose. Louison était une Capitaine assez singulière. Responsabilisée par son poste qu'elle prenait très au sérieux, on sentait qu'elle avait tout de même du mal à aller vers les autres, à prendre la parole devant ses 6 équipiers. Et pourtant, malgré cela, elle n'y rechignait jamais, et guidait l'équipe bleue au cours de ses entraînements du mieux qu'elle pouvait.


Arthur jetta un coup d'oeil vers le parc bercé par la lumière orangée du matin. Le lac d'argent, qu'on voyait au loin, resplendissait vraiment, surtout de ce point de vue. Le jeune homme s'approcha d'une ouverture (le pigeonnier restant un endroit assez ouvert pour permettre la circulation de nombreux oiseaux) et s'y hissa. Une fois dessus, il s'assit et fit basculer ses jambres vers l'extérieur. Ses chaussures le genâient. Il fit signe à Louison de venir s'asseoir à ses cotés. Ainsi perché, ils étaient à l'arbi du vent mais pouvaient profiter tranquilement d'un joli point de vue. Le seul regret du demi-satyre fut que la forêt soit invisible. Il se tourna vers Louison.

- Que comptes tu faire aujourd'hui ? Tu t'es levée bien tôt pour un samedi matin. Personnellement, si j'avais seulement réalisé qu'on était Samedi, je serais resté dormir jusqu'à midi. Au moins.

Il sourit, puis fit mine de réfléchir, prenant un air éxagérément très concentré.

- Hmmm. Il doit y avoir un devoir de Potions pour la semaine prochaine, dit il avec lenteur. Je suis sûr que tu voulais le faire avant tout le monde ne s'y mette, pour le ranger et éviter que tout Mercoeur ne copie sur toi. C'est ça ?

Ce n'était pas franchement le genre d'attitudes de la sorcière. Cela ne l'empêcha pas de formuler une réalité : qu'elle le veuille ou non, ses devoirs, la plupart du temps réussis, étaient souvent copiés et diffusés à tout les élèves de son année, Arthur y comprit. Il se souvenait encore d'une retenue collective, un jour où personne n'avait prit la peine de changer les phrases du devoir original. Ils avaient tous eu un devoir personnalisé juste après, et les résultats d'Arthur s'en souvenaient encore. Depuis, quand ils copiaient, ils faisaient attention à fausser certaines réponses, reformuler des phrases, en oublier d'autres. Enfin, ce copiage n'était heureusement pas systématique (bien qu'enrichissants), et le jeune homme faisait quand même souvent l'effort de faire ses devoirs par lui même, même s'ils n'étaient pas brillants.

Redevenant sérieux, il demanda :


- C'est vrai que tu viens d'une famille de Moldus ?

La question était honnête et absolument pas agressive ou méchante. Arthur ne connaissait simplement pas les Moldus, et les histoires qu'on racontait sur eux le laissaient perplexe là plupart du temps. Il ne savait que très peu de choses sur eux, si ce n'est qu'ils n'avaient pas de pouvoirs magiques, et qu'à la différence des Cracmol, ils ignoraient tout du monde magique. Les deux mondes se croisaient tout les jours sans qu'ils en aient seulement conscience.
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Louison D'Alayrac
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Ven 20 Jan - 14:37

« Oh, eh bien c'est une lettre que j'envoie à mon père pour savoir s'il va bien, tout simplement. Les satyres ont plutôt du souci à se faire en ce moment, donc je me tiens au courant. J'imagine que c'est normal de se rapprocher de sa famille en des temps pareils, tu ne crois pas ? »

Louison aurait eu honte de l’avouer, mais elle ne suivait pas de très près ce combat entre hybrides et ministère. Elle ne savait pas du tout de quel côté se ranger. Si elle se plaçait en tant que sorcière dans son monde de moldus elle aurait été considérée comme un monstre elle aussi. Elle ne comprenait donc pas vraiment qu’on puisse vouloir éradiquer une menace qui n’existait pas vraiment. En revanche, il fallait bien reconnaitre que certaines de ces mutations pouvaient s’avérer dangereuses puisque tous les hybrides n’étaient pas de gentils petits élèves tout à fait fréquentables. Mais pour elle, ce n’était pas un problème récurrent uniquement chez les hybrides, il était présent chez tout le monde pour peu qu’on y fasse attention. Il s’agissait juste de faire usage de sa particularité de façon positive, il y avait deux voies possibles et il fallait choisir la bonne. Ca n’avait certes, rien de très évident, mais c’était tout à fait possible. Il pouvait y avoir des sorciers tout à fait « normaux » qui choisissaient de faire usage de leurs pouvoirs pour une cause, pas des plus nobles. Pourtant le ministère ne parlait pas d’éradiquer les sorciers pour que les menaces s’arrêtent. Même chez les moldus les malades existaient, certaines personnes se servent de leurs compétences et de leurs talents de manipulateur pour commettre des actes répréhensible et personne n’a jamais émis l’hypothèse de les supprimer. Louison était donc tout à fait d’accord avec l’idée qu’il fallait agir, faire quelque chose pour que les choses changent, même si elle ne savait pas du tout quoi. En revanche elle pensait que supprimer tous les hybrides était une solution nettement trop radicale, et puis on nous apprend que supprimer un « espèce » bouleverse l’équilibre planétaire. Qu’est-ce que ce ça serait si on supprimait tout un peuple ?
En revanche, contrairement à Arthur ce n’était pas vers sa famille qu’elle pouvait se tourner en ces temps conflictuels. Les pauvres n’avait aucune idée de ce qu’il se tramait, c’était un monde totalement inconnu pour eu. Louison leur racontait bien sûr, mais elle avait préféré éviter le sujet d’une guerre entre deux peuples de la communauté magique.

« Oui c’est normal, j’évite personnellement, si j’en parle à mes parents, ils vont croire que je suis en danger. Ce n’est pas le cas, on est de simples élèves dans une école, tout ce que je veux s’est apprendre. Je sais que je ne pourrais pas occulter longtemps les événements qui ont lieu juste sous mon nez, et se voiler la face n’est pas la meilleure solution, j’en suis bien consciente. Mais je préfère croire que tout cela va se tasser, jusqu’à ce que je ne puisse plus l’ignorer. »

Louison avait subitement repris son sérieux, elle savait que son comportement n’était pas le meilleur. Mais elle préférait éviter ce sujet de conversation, il lui donnait l’impression qu’elle devait faire quelque chose, qu’être une élève innocente n’était pas son rôle, qu’elle devrait en faire plus. La Mercoeur du haut de ses seize ans, voulait simplement être une élève comme les autres, rien de plus. Elle se fichait que ça ne suffise pas, elle voulait vivre une vie la plus normale possible, si tenté que ce soit possible. Depuis ses onze ans, sa vie avait pris une tournure tout à fait inattendue, et elle allait depuis lors de surprise en surprise.
La sixième année fut soulagée de voir qu’Arthur semblait disposé à changer de sujet, celui-là n’était décidément son préféré. La jeune fille enjouée qu’elle avait l’habitude d’être avait laissé place à quelqu’un d’étrangement sérieux. Même en faisant ses devoirs, elle parvenait à conserver son sourire, et ne le perdait qu’en de rares occasions. Les paroles d’Arthur lui permirent de reprendre très vite cet air joyeux qu’elle quittait rarement. Elle n’avait pas vraiment quelque chose de particulier, et elle se doutait que tous les projets qu’elle pourrait imaginer allaient lui attirer les moqueries de son camarade. Il n’était pas pareil qu’elle, et ne comprenait certainement pas qu’elle passe tout ce temps à étudier. Elle avait beau dire haut et fort qu’elle le faisait par plaisir tous ses amis avaient décidément beaucoup de mal à la croire.


« Pour une fois, ce n’est pas de ma faute si je me suis levée si tôt, je me suis réveillée d’un seul coup, et impossible de me rendormir. Je me suis dit que puisque j’étais réveillée, le mieux était d’utiliser le temps que j’avais. Je pense que je vais aller à la bibliothèque aujourd’hui, j’aimerais consulter des ouvrages sur les potions ; la dernière fois je n’ai pas eu le temps de trouver tout ce que je voulais. Et toi alors ? Tu vas faire quoi de ta journée ? J’imagine qu’en tant que membre honoraire du club es marmottes, une longue sieste s’impose. »

Elle ne comprenait pas vraiment comment son lit pouvait être son endroit préféré du château. Il y avait tellement d’autres choses à faire à l’académie. En restant dans son lit toute la matinée on manquait inévitablement une grosse partie de la journée. Louison n’était pas du genre à dormir plus que de raison, même lorsqu’elle était vraiment épuisée à cause d’une lecture, terminée tard dans la nuit, elle se réveillait toujours très tôt le lendemain matin. Bien sûr elle n’en restait pas moins humaine, l’épuisement venait inévitablement la gagner au bout d’un certain temps et il lui arrivait de monter se coucher à peine son diner terminé pour pouvoir rattraper son sommeil en retard.
La jeune fille sourit en entendait les moqueries d’Arthur. Il n’avait pas tort sur certains points, non pas qu’elle n’aime pas aider les autres, bien au contraire. Mais elle n’aimait pas que les élèves s’approprient son travail, elle voulait travailler pour elle-même et pas pour des personnes qui déformaient ses propos sans même chercher à comprendre ce qu’elle avait voulu dire dans l’espoir de s’en sortir avec une note correct. C’était peut-être plus facile pour eux de piocher les informations dans une copie déjà entièrement rédigé, plutôt que prendre la peine d’ouvrir un livre, mais c’était agaçant de voir la moitié de la classe, recevoir des félicitations pour un travail qu’ils n’avaient pas fournis. Cependant, elle n’avait jamais eu la volonté de leur demander d’arrêter, elle avait simplement peur que ses camarades l’apprécient moins qu’avant si elle leur interdisait de copier sur elle. Pourtant Louison avait bien conscience, que l’amitié des autres ne s’achète pas avec un morceau de papier, mais rien n’y faisait, elle ne pouvait pas s’empêcher d’y penser.


« Oui vas-y moque toi ! En attendant, je suis à la recherche d’une potion ou d’un maléfice qui me permettrait de dissimuler mon travail, même si ça ne marche pas, j’aurais au moins la satisfaction de vous avoir fait réfléchir un minimum pour arriver à vos fins. Après il faudra choisir, réfléchir pour trouver ma copie, ou réfléchir pour faire le devoir par vos propres moyens. »

Louison ne plaisantait qu’à moitié, elle trouvait l’idée du maléfice plutôt plaisante. Tous ses stratagèmes avaient pour le moment échoués, mettre ses copies sous-clés n’avait absolument aucun effet. Un simple Alohomora avait suffi pour ouvrir sa valise contenant toutes ses notes, une paire de gants avait vaincu le maléfice de glue perpétuelle utilisé sur son sac. Comme quoi, elle avait beau lire un maximum de livres, elle n’était toujours pas venue à bout d’un tout petit problème. Il faut dire qu’en l’occurrence, elle était un peu seule contre tous, mais ça ne la dérangeait, c’était un petit jeun enfantin, il n’y avait pas mort d’homme, et elle n’envisageait pas le moins du monde de se plaindre de quoi que ce soit.
Elle fut ravie de voir qu’Arthur faisait preuve d’autant de curiosité qu’elle, lui plaisait beaucoup. Plus il lui poserait de question, plus elle se sentirait à l’aise pour en poser à son tour. D’autant plus qu’il avait choisi un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur. Louison était capable de parler des moldus pendant un temps infini, elle aimait tout autant ses deux mondes, mais elle appréciait de ne pas devoir cacher ses origines à l’école. Voir les yeux écarquillés des élèves qui écoutaient ses histoires avec une surprise manifeste était très intéressant à voir, elle l’appréciait toujours autant malgré le temps qui passait.


« Oui, je suis la seule sorcière de la famille, tous mes frères et sœurs sont moldus, enfin je pense les derniers sont encore jeunes, mais j’imagine que je l’aurais remarqué s’ils avaient des pouvoirs quelconques. J’ai examiné l’arbre généalogique familial sans rien trouver, on peut dire que je suis la seule à être…. Spéciale. »

Elle ne savait pas vraiment comment appeler sa particularité, pour elle c’était tout à fait normal, mais dans le monde dans lequel elle vivait, une place à l’hôpital psychiatrique avait été préparé pour elle. Il lui arrivait bien souvent de prier pour que les deux mondes se rejoignent, qu’ils vivent ensemble dans l’harmonie en s’acceptant les uns les autres. Mais il ne fallait pas s’appeler Einstein pour savoir que ce n’était pas possible, ça faisait beaucoup trop de temps que les deux mondes cohabitaient sans en avoir réellement conscience. La réunion des deux univers risquait de bouleverser l’équilibre des choses, le ministère déployait toutes ses forces pour garder l’anonymat, ce n’était pas pour choisir du jour au lendemain de se révéler au grand jour.

« Tu es issu d’une famille de sang-mêlé, n’est-ce pas ? Tu es proche de tes parents ? Ça doit être fascinant de pouvoir parler de l’Académie avec quelqu’un qui y a déjà passé une partie de sa scolarité. Et tu as des frères et sœurs ? J’aimerais bien que les miens soient à BeauxBâtons aussi, ça me permettrait de partager beaucoup plus de choses avec eux. »
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Arthur Ronce-Rouge
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Lun 23 Jan - 15:45

Lousion sembla perdue un instant dans ses pensées, puis, le visage grave, répondit à sa première question.

« Oui c’est normal, j’évite personnellement, si j’en parle à mes parents, ils vont croire que je suis en danger. Ce n’est pas le cas, on est de simples élèves dans une école, tout ce que je veux s’est apprendre. Je sais que je ne pourrais pas occulter longtemps les événements qui ont lieu juste sous mon nez, et se voiler la face n’est pas la meilleure solution, j’en suis bien consciente. Mais je préfère croire que tout cela va se tasser, jusqu’à ce que je ne puisse plus l’ignorer. »

Il comprenait tout à fait qu'elle évite d'en parler à ses parents, particulièrement s'ils n'étaient pas au courant. La situation était tendue, mais il était pour le moment inutile de les faire s'inquiéter sans qu'il n'y ait de raison valable. Par contre, il trouvait absurde que la Mercoeur se borne à croire que le conflit allait "se tasser". Pour le moment, tout montrait le contraire, et les tensions dans le monde magique étaient croissantes. Arthur ne voulait pas non plus d'une guerre et préférait tenter de concilier les deux camps, mais il n'avait pas véritablement de pouvoir là dessus. Contrairement à beaucoup de camarades hybrides, il ne souhaitait pas rejoindre le camp des rebelles et oeuvrer dans le sens des hybrides. Il préférait tenter de faire comprendre aux autres que les hybrides n'étaient pas dangereux, mais qu'ils avaient des droits qu'il faudrait bien leur donner un jour. Il n'en restait pas moins réaliste sur la tournure des tensions. Il préféra changer de sujet pour aborder quelque chose de plus gai, de plus dérisoire. Le genre de conversations d'adolescents épargnés par les soucis et les doutes. Lousion saisit l'opportunité pour retrouver sa gaîté habituelle, et répondit pour se défendre :

« Pour une fois, ce n’est pas de ma faute si je me suis levée si tôt, je me suis réveillée d’un seul coup, et impossible de me rendormir. Je me suis dit que puisque j’étais réveillée, le mieux était d’utiliser le temps que j’avais. Je pense que je vais aller à la bibliothèque aujourd’hui, j’aimerais consulter des ouvrages sur les potions ; la dernière fois je n’ai pas eu le temps de trouver tout ce que je voulais. Et toi alors ? Tu vas faire quoi de ta journée ? J’imagine qu’en tant que membre honoraire du club es marmottes, une longue sieste s’impose. »

Arthur éclata de rire. "Membre honoraire du club des marmottes" était une jolie trouvaille, qui le caractérisait assez bien, que cela soit pour tout les week end qu'il passait à dormir ou pour les cours qu'il passait, allongé sur la table de cours ou avachit sur son carnet de dessin. Les profs s'y étaient fait, pour la plupart, et ses camarades ne le vannaient même plus là dessus, la totalité des blagues possibles ayant étés faites pendant ses premières années. La quasi-totalité serait plus juste, à en juger par la remarque de Louison. Il se contenta de relever cette blague rapidement avant de contre attaquer :

- Comparer une chèvre à une marmotte, plutôt facile quand même.

On l'avait souvent associé à la chèvre, chose qui l'avait longtemps blessé. Mais il avait apprit au fil du temps à s'approprier tout ces surnoms blessants, à en faire une partie intégrante de lui même afin d'empêcher les autres de le blesser à nouveau en le nommant ainsi. Peu à peu, ces surnoms lui étaient devenus dérisoires, voir plutôt drôles. Choisissant de ne pas lui laisser changer de sujet, il enchaîna :

- Hmmm. Il doit y avoir un devoir de Potions pour la semaine prochaine. Je suis sûr que tu voulais le faire avant tout le monde ne s'y mette, pour le ranger et éviter que tout Mercoeur ne copie sur toi. C'est ça ?

« Oui vas-y moque toi ! En attendant, je suis à la recherche d’une potion ou d’un maléfice qui me permettrait de dissimuler mon travail, même si ça ne marche pas, j’aurais au moins la satisfaction de vous avoir fait réfléchir un minimum pour arriver à vos fins. Après il faudra choisir, réfléchir pour trouver ma copie, ou réfléchir pour faire le devoir par vos propres moyens. »

Faisant mine de s'offusquer, le jeune hybride répondit :

- Mais tu sais, si nous copions autant tes copies, c'est uniquement pour te faire plaisir et pour valoriser ton travail. Ainsi, tu ne te contente pas de recevoir un Effort Exceptionnel, tu produits une quinzaine d'Efforts Exceptionnels et Acceptables dans la classe. C'est vachement plus brillant. Alors, si tu veux que l'on arrête de valoriser ton travail, c'est bien dommage, tu vas te pénaliser...

Il marqua une pause, puis ajouta :

- Et tu n'as pas besoin de cacher tes copies pour nous faire réfléchir, tu sais ? Il va de soi que tes devoirs ne sont qu'une source d'inspiration, mais que nous faisons toujours les devoirs nous même. Et quand les profs rendent des copies identiques c'est que.... ils mentent ! Ils sont jaloux de toute la connaissance que tu diffuses à leur place !

Arthur éclata à nouveau de rire. Que de mauvaise foi. Des fois, il s'étonnait lui même. Il interrogea Louison sur ce que l'on disait, si elle venait bel et bien d'une famille de Moldus. Le visage de la Mercoeur s'illumina d'un sourire, et elle répondit :

« Oui, je suis la seule sorcière de la famille, tous mes frères et sœurs sont moldus, enfin je pense les derniers sont encore jeunes, mais j’imagine que je l’aurais remarqué s’ils avaient des pouvoirs quelconques. J’ai examiné l’arbre généalogique familial sans rien trouver, on peut dire que je suis la seule à être…. Spéciale. »

Ainsi, elle venait bien d'une famille moldue. Elle devait savoir plein de choses sur eux, de leur mode de vie à leurs habitudes, de leurs pensées à leurs superstitions. Tant de choses qu'il ignorait et ne parvenait pas à imaginer. Comment les Moldus réagiraient ils si ils apprenaient tout ce qu'il se passait sous leurs yeux sans qu'ils le voient ? Comment avait réagit Louison quand elle avait apprit qu'elle était sorcière, et comment sa famille se comportait en sachant cela ? Que disait elle quand elle revenait chez elle l'été, que pouvait elle bien leur raconter à eux, à leurs voisins qui ignoraient tout, à ses amis Moldus ? Arthur n'eut pas le temps de poser toutes ces questions.

« Tu es issu d’une famille de sang-mêlé, n’est-ce pas ? Tu es proche de tes parents ? Ça doit être fascinant de pouvoir parler de l’Académie avec quelqu’un qui y a déjà passé une partie de sa scolarité. Et tu as des frères et sœurs ? J’aimerais bien que les miens soient à BeauxBâtons aussi, ça me permettrait de partager beaucoup plus de choses avec eux. »

Arthur baissa les yeux, commençant à fixer un point vague sur la pelouse qui s'étendait à leurs pieds. Il commença à balancer ses jambes, légèrement nerveux, cherchant ses mots, puis finit par prendre la parole, hésitant.

- Je suis de sang-mêlé, mais ça n'a rien de comparable avec les sang-mêlés humains. Mon père est un satyre, et il n'est jamais venu à l'Académie, bien sur. On n'enseigne pas la magie à des créatures magiques, du moins pas ici et pas comme ça. Ma mère a étudié ici, et je sais qu'il s'agissait d'une des plus brillantes Lusignan de sa génération. Puis elle est devenue chercheuse, a rencontré mon père, m'a mit au monde et a été contrainte de partir. Je ne l'ai jamais vue. D'après les archives du Ministère, ce qu'ils acceptent de montrer à un hybride du moins, elle est portée disparue. Je n'ai jamais trouvé la moindre trace d'elle ici, si ce n'est dans quelques archives à la bibliothèques. Donc, en fait, je n'ai jamais connu non plus personne qui soit allé à Beauxbâtons avant.

Il se tut, laissant à Lousion le temps d'assimiler la masse d'information qu'il venait de débiter d'une voix neutre, mais légèrement tremblante. Préférant changer à moitié de conversation, il enchaîna :

- Quant à mes frères et soeurs, je n'en ai pas, d'un point de vue biologique. Mais pour moi, les satyres auxquels je tiens beaucoup sont mes frères, mes soeurs, mes oncles et mes tantes, alors c'est tout comme. J'ai la chance d'avoir une grande famille, mais pas de sang-mêlée, contrairement à ce que l'on pourrait penser.

L'absence de sa mère était surement son plus gros manque dans sa vie courante. Mais il savait qu'il n'y changerait rien et devait apprendre à l'accepter et à vivre avec. Il haussa les épaules, histoire de signifier à Louison qu'il allait s'en remettre un jour, et reprit la parole.

- Tu as dit à tes parents que tu étais capitaine de ton équipe de Quidditch ? Ils savent ce que c'est au moins, le Quidditch ?
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Louison D'Alayrac
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Ven 3 Fév - 15:21

« Comparer une chèvre à une marmotte, plutôt facile quand même. »

Louison se contenta de sourire sans répondre. Elle avait tendance à oublier cette particularité chez de nombreux élèves de l’école, elle ne voyait aucune différence entre Arthur et elle et n’avait pas songé un seul instant à faire ce genre de comparaison, qui pouvait sans doute s’avérer peu flatteuse quand on prenait le temps d’y réfléchir.
Il n’appartenait pas au grand groupe des hominoïdes après tout mais était pourtant considérer comme un être humain à part entière, ça devait être frustrant d’être comparé à un animal, d’autant plus que ce n’était pas l’animal le plus beau et le plus intelligent qu’on puisse rencontrer. Mais le plus proche parent de l’homme restait le singe, mis à part son incroyable intelligence, la comparaison n’était pas beaucoup plus flatteuse. Louison ne prit tout de même pas la peine de s’excuser, elle n’avait pas voulu faire de mauvais esprit et elle se doutait bien qu’Arthur ne l’avait pas mal pris. Il devait être même plutôt content que quelqu’un oublie pendant un instant qu’il était différent.
De toute façon, pourquoi s’excuser alors que le jeune homme prenait lui-même un immense plaisir à la taquiner ? Louison n’était pas vexée pour autant, elle éprouvait même une quelconque fierté à voir l’ensemble des Mercoeurs plagier son travail.


« Mais tu sais, si nous copions autant tes copies, c'est uniquement pour te faire plaisir et pour valoriser ton travail. Ainsi, tu ne te contente pas de recevoir un Effort Exceptionnel, tu produits une quinzaine d'Efforts Exceptionnels et Acceptables dans la classe. C'est vachement plus brillant. Alors, si tu veux que l'on arrête de valoriser ton travail, c'est bien dommage, tu vas te pénaliser... »

Il n’avait pas tort au fond, mais Louison éprouvait tout de même des sentiments contradictoires. D’un côté, il y avait la satisfaction d’être « la meilleure », le personne vers laquelle on se tournait quand on ne comprenait pas un devoir ou quand on avait besoin d’une information, voir même lorsque les notes de cours étaient incomplètes. Louison aimait aider le gens et le faisait avec plaisir, elle se sentait utile et n’aurait cédé sa place pour rien au monde. Mais d’un côté, elle aurait aimé être un peu plus égoïste, pouvoir se détacher du lot. A force d’aider tout le monde, ils finissaient par obtenir les mêmes résultats scolaires qu’elle, voir même de plus brillant de temps à autre, et elle ne pouvait s’empêcher de se dire que si elle se mettait à garder toutes ses connaissances pour elle, elle pourrait enfin briller et se retrouver au-dessus des autres.
Louison éprouvait une certaine culpabilité lorsqu’elle envisageait cette hypothèse, elle n’était pas du genre à vouloir réussir au dépend des autres, mais elle ne voulait pas non plus mettre son avenir en péril pour que d’autre puissent réussir mieux qu’elle. C’était normal de faire passer sa propre réussite avant celle des autres ? C’était ce qu’elle se répétait bien souvent, mais malgré ça, elle avait énormément de mal à s’en convaincre.


« Etrangement, mon cher Arthur, voir un E à côté de ton prénom sur un de tes devoirs ne me procure aucune satisfaction personnelle. C’est pas comme si j’avais eu droit à un copyright. Dans la tête du professeur c’est ton travail pas le mien. »

Louison tentait d’être faussement indignée, mais elle devait bien reconnaitre que même en faisant semblant, elle avait du mal à en vouloir à Arthur. Le jeune homme semblait tellement désinvolte, ça aurait été risible de provoquer une dispute à ce sujet. D’autant plus que la Mercœur ne savait toujours pas ce qu’elle voulait au finale. Elle avait toujours été bien plus douée pour s’en vouloir à elle-même que pour en vouloir aux autres, et c’était encore plus difficile quand elle se trouvait en face de quelqu’un comme Arthur. Le jeune homme semblait être tellement gentil, incapable de faire de mal à une mouche.
Le Mercœur ne semblait pas en avoir finis avec elle, s’il pensait devoir la convaincre de laisser encore une fois ses devoirs à la disposition de la jeune fille il se trompait. Louison n’avait pas l’intention de changer de comportement, elle aimait bien le menacer gentiment de cacher ses devoirs. Elle n’avait pas l’intention du tout de mettre ses menaces à exécution, elle aurait bien trop peur de la réaction de ses camarade de tout façon.


« Et tu n'as pas besoin de cacher tes copies pour nous faire réfléchir, tu sais ? Il va de soi que tes devoirs ne sont qu'une source d'inspiration, mais que nous faisons toujours les devoirs nous-même. Et quand les profs rendent des copies identiques c'est que.... ils mentent ! Ils sont jaloux de toute la connaissance que tu diffuses à leur place ! »

Quel flatteur ! S’il croyait que ça allait quelque chose…. Il avait tout à fait raison. Louison rosit de plaisir, elle était comme tout le monde, elle aimait recevoir des compliments même si en l’occurrence ils n’étaient pas désintéressés. S’il était si beau-parleur, il pouvait s’en servir directement pour amadouer le professeur, ça lui ferait économiser des efforts inutiles. Mais la Mercœur aurait mentit si elle avait dit qu’elle n’était pas ravie de toute cette attention. Le jeune homme lui donnait, peut-être sans le vouloir, l’impression d’être importante, d’avoir réellement sa place où elle était. Ce n’était pas comme si elle se sentait inutile la plupart du temps, mais elle avait surtout l’impression de se fondre dans la masse. D’être un numéro dans un groupe d’élèves que se ressemblaient tous, il n’était pas désagréable de se sentir un peu supérieur de temps en temps.

« Bien sûr mon cher Arthur, j’imagine même pas combien ce doit être difficile de réfléchir aux modifications nécessaires pour que personne ne réalise que ce n’est pas mon devoir. Connecter ses neurones n’est pas chose facile lorsqu’on a pas l’habitude. »

Elle plaisantait simplement, elle était loin de prendre Arthur pour un cancre. Il n’aimait pas beaucoup travailler et alors ? Ce n’était pas un défaut. Louison partait du principe que tout le monde ne pouvait pas aimer les études autant qu’elle, tout le monde a ses passions et si elle adorait la lecture et récolter les félicitations de ses professeurs, elle devait bien reconnaitre que ce n’était pas le cas de tout le monde, et heureusement. Louison était particulièrement nulle en dessin, et elle était reconnaissante envers tous ses amis de ne pas la forcer à se lancer là-dedans. La Mercœur n’avait donc jamais accusé ses amis de négliger leurs études, elle le ferait s’ils lui demandaient conseil, mais s’il ne faisait pas, elle ne voyait pas l’intérêt de discuter.
Louison écouta sans mot dire le jeune homme parler de sa famille, l’enfance des autres l’intéressait en général beaucoup. Elle était bien consciente que celle-ci était très différente de la sienne, non seulement parce qu’il était un hybride mais aussi parce qu’il était un sorcier. La magie avait dû prendre une grande place dans sa vie dès son plus jeune âge.
En l’occurrence, il fallait bien reconnaitre que la vie du jeune homme était plutôt triste, manifestement Louison s’était aventurée sur un terrain glissant. Elle ne pouvait imaginer ne pas avoir connu sa mère, elle avait seize ans et se sentait toujours dépendante d’elle. Dès qu’elle rencontrait un problème, c’était vers elle qu’elle se tournait pour avoir une solution. Louison n’osait imaginer ce que devait ressentir le jeune homme. C’était presque pire que de savoir sa mère morte, il ne savait pas du tout où elle pouvait être. Il allait peut-être passer sa vie à la chercher sans jamais la retrouver, ça devait être une pression très lourde à supporter.


« Je suis désolé pour ta mère, j’espère que tu la retrouveras. C’est sympa d’avoir une aussi grande famille, je suis d’accord avec toi, il n’y a pas que les liens de sang qui comptent. C’est agréable de voir un peuple aussi uni. »

Elle ne savait pas si Arthur avait une quelconque haine envers les religieux, elle s’était donc bien gardée d’appuyer ses paroles sur des textes bibliques. Mais la raison pour laquelle elle partageait son opinion était bel et bien liée à Dieu. Tout le monde descendait d’un même ancêtre si l’on n’en croyait l’ancien testament, il était donc bien normal de considérer tous les êtres vivants comme nos semblable. Louison avait horreur des conflits pour cette raison, elle aimait imaginer que tous ses semblables faisaient partie d’une seule grande famille. Mais elle se gardait bien de donner son opinion à ce sujet. C’était un peu naïf de sa part de croire ce genre de choses, mais elle aimait idéaliser le monde qui l’entourait. A quoi pouvait bien lui servir de n’être pas encore majeur si elle ne pouvait même pas se permettre de rêver un peu ? Ses parents pouvaient être réalistes pour elle, elle n’était pas encore livrée à elle-même. Lorsqu’elle habiterait seule, et qu’elle se retrouverait complétement autonome, elle aurait bien le temps d’être réaliste.

« Tu as dit à tes parents que tu étais capitaine de ton équipe de Quidditch ? Ils savent ce que c'est au moins, le Quidditch ? »

Voilà une question intéressante, elle n’avait pas prévenu ses parents pour son poste de capitaine, elle venait juste de leur écrire pourtant, mais elle n’avait pas pensé ou pas voulu le leur dire. La situation était plutôt compliquée. Dans le monde magique, le quidditch était certainement ce que ses parents appréciaient le moins, alors même s’ils seraient certainement ravis pour son récent poste, ils ne pourraient s’empêcher de s’inquiéter.
Elle avait déjà passé un temps fou à leur expliquer les règles, elles étaient plutôt faciles à comprendre lorsqu’on pouvait visualiser ce que ça donnait en l’air, mais ses parents n’avaient aucune idée de ce que pouvait donner un match de quidditch. Ils n’avaient jamais vu un vif d’or, un souaffle ou un cognard et il était particulièrement difficile de donner des explications sans pouvoir leur faire visualiser à quoi ça ressemblait. La première fois qu’elle leur en avait parlé elle n’avait absolument pas songé à prendre des photos avec elle pour rendre plus claires ses explications, ce qui avait rendu l’entreprise assez compliquée.


« Oui, ils savent ce que c’est, je leur ai laborieusement expliqué. Mais j’ai du mal m’y prendre, il voit un peu ce sport comme une tentative de suicide dissimulée. Je ne leur ai pas encore dit que j’étais capitaine, les connaissant ils vont annoncer ça joyeusement à toute sa famille. Mais ils ne pourront pas s’empêcher d’être inquiets, alors ce qui est une bonne nouvelle pour moi ne l’est pas forcément pour eux, tu vois ce que je veux dire ? »
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Arthur Ronce-Rouge
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Sam 11 Fév - 11:28

« Bien sûr mon cher Arthur, j’imagine même pas combien ce doit être difficile de réfléchir aux modifications nécessaires pour que personne ne réalise que ce n’est pas mon devoir. Connecter ses neurones n’est pas chose facile lorsqu’on a pas l’habitude. »

Arthur ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il n'en attendait pas moins de la part de Lousion, mais cela ne l'empêcha pas de s'en réjouir. Et pourtant, il ne se considérait pas tant que ça en cancre, mais se voyait très bien tenter de "connecter ses neurones" dans un effort intense, et ce, sans succès. Il se promit silencieusement de tenter ce genre de mimique lors de leur prochain cours de métamorphose. Ou d'autre chose, il n'était pas difficile. Ils changèrent de conversation pour aller vers quelque chose de moins drôle, mais le demi-satyre garda une mine faussement dégagée, du mieux qu'il put du moins. Il évoqua sa mère, celle qu'il n'avait jamais connu, et commençait même à renoncer de chercher. Si le Ministère la considérait comme portée disparue et qu'il n'avait pas trouvé la moindre trace d'elle en six ans, il doutait que quoi que ce soit ne change à l'avenir. Il fallait se résigner sur certaines choses.

« Je suis désolé pour ta mère, j’espère que tu la retrouveras. C’est sympa d’avoir une aussi grande famille, je suis d’accord avec toi, il n’y a pas que les liens de sang qui comptent. C’est agréable de voir un peuple aussi uni. »

Arthur eu une rire silencieux. Un "peuple aussi uni" ? Les satyres ? Non, décidément, il ne fallait pas laisser la Mercoeur dans l'ignorance, surtout pas la plus brillante des Mercoeur dans ce genre d'ignorances. Il sourit à l'idée d'enseigner quelque chose à son amie. Les rôles s'inversaient.

- La prochaine fois, n'associe plus les satyres et l'unité. Sauf si tu veux appuyer sur ton ignorance. J'y vois pas de mal, personnellement, c'est ce que je fais tout le temps, ajouta-t-il pour adoucir ses propos, ne souhaitant pas la froisser. Les satyres vivent en communauté, et s'entraident, et je pense que c'est ce que tu voulais dire. Mais ils ne s'entraident que parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement pour survivre, et même si j'aime beaucoup mon peuple d'origine, on peut dire que les satyres sont assez profondément individualistes. Ils font passer leur plaisir personnel avec celui des autres, et quand ils font des activités en groupe, souvent très "divertissantes", comme il convient à leur réputation (je ne te fais pas de dessin), chacun y trouve ses intérêts personnels. On ne voit jamais un satyre aller en aider un autre sans que cela ne puisse lui rapporter dans un futur proche. Dès lors.... il est délicat de parler de peuple uni, si tu vois ce que je veux dire.

Arthur avait beau aimer son clan, et une grande partie des satyres qui le composaient, il n'en demeurait pas moins critique, autant qu'on personne qui ai grandit en leur sein le puisse. Et non, ils ne pourraient jamais remplacer cette absence béante dans la vie du sorcier. Préférant plutôt changer de sujet que de s'embourber dans des sujets sensibles, Arthur la lança sur le Quidditch. Il était impatient de savoir ce que pouvaient penser des Moldus d'un tel sport. Quels sports faisaient les moldus, d'ailleurs ? Il ne savait même pas ça.

« Oui, ils savent ce que c’est, je leur ai laborieusement expliqué. Mais j’ai du mal m’y prendre, il voit un peu ce sport comme une tentative de suicide dissimulée. Je ne leur ai pas encore dit que j’étais capitaine, les connaissant ils vont annoncer ça joyeusement à toute sa famille. Mais ils ne pourront pas s’empêcher d’être inquiets, alors ce qui est une bonne nouvelle pour moi ne l’est pas forcément pour eux, tu vois ce que je veux dire ? »

Une personne normale aurait acquiescé vivement et aussitôt compris ce qu'elle voulait dire. Arthur, lui, fronça les sourcils et réfléchit un instant. Le Quidditch n'était pas si violent que ça, au fond, alors pourquoi les Moldus ne comprendraient pas qu'on ne risque aucun risque en y jouant ? Quel risque y a t-il dans un stade rempli de sorciers, qui peuvent intervenir en un simple coup de baguette ? Oui, mais sans usage possible de la magie, ce sport pouvait être considéré comme dangereux. Il n'était pas rare qu'il y ait des accidents, après tout. De là à parler de "suicide dissimulé".... il était sceptique.

- Bah... tu peux les rassurer en leur disant qu'il y a des manières bien plus efficaces et sures pour se suicider chez les sorciers, dit il sérieusement.

Perdu dans ses pensées, le Mercoeur observa le parc. Le temps était toujours aussi sinistre, mais cela changeait agréablement des salles cloîtrées en murs et plafonds de pierre. Il jeta un coup d'oeil vers la forêt, où on devinait, si l'on savait observer, ou si l'on connaissait déjà le lieu, le campement du jeune homme. Il se gratta la tête avec sa baguette avant de demander :

- Tu comptes vraiment travailler ce matin ? Parce que sinon, on peut envisager une expédition dans la forêt. En plus, il va pleuvoir.

Un fois de plus, Arthur était très sérieux. Il aimait beaucoup être sous les arbres par temps de pluie, les gouttes d'eau faisant un clapoti rassurant, masqué par le filtre de feuillages orangés. La forêt était vraiment belle ces temps-ci, en plein automne. Elle serait probablement sublimée par la venue de la pluie, et un peu plus tard, des premiers rayons de soleil.
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Louison D'Alayrac
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Sam 11 Fév - 18:58

Louison écouta d’un air intéressé le beau discours d’Arthur. Etrangement, elle n’était pas vexée d’avoir eu complétement tort sur quelque chose d’aussi important à l’heure actuel. Enfin, peut-être ressentait-elle une légère amertume à l’idée d’être aussi ignorante lorsqu’il s’agissait d’hybrides et autre créatures, mais elle était tellement enfouis, qu’il était très facile de ne rien laisser paraitre. Arthur semblait, à l’inverse de la jeune fille, avoir de nombreuses connaissances dans ce domaine et elle ne pouvait être que reconnaissante qu’il lui fasse partager toutes ces informations.
A dire vrai, Louison n’avait jamais été intéressée par les hybrides, pourtant elle les côtoyait au jour le jour, et sa curiosité avait été bien des fois, mise à rude épreuve. Cependant, elle préférait penser que tous ceux qu’elle rencontrait à l’Académie étaient des élèves tout à fait normaux, comme elle et qu’elle n’avait aucune raison de les traiter différemment. Le problème des livres sur ce coup-là était qu’ils ne présenteraient certainement pas les choses de la même façon, soulignant les particularités de chacune des différentes hybridations. La Mercœur savait pertinemment que si elle tentait de se plonger dans l’un de ces ouvrages, son regard serait différemment. Il n’y aurait pas de méfiance ou de rejet, ce n’était pas son genre, mais elle les dévisagerait à coup sûr, tâchant d’en apprendre un peu plus sur eux.
Or la jeune fille s’était promis de ne jamais arriver à de telles extrémités, c’était le regard des autres, son principal souci à l’heure actuel, et elle était bien assez souvent dévisagée par ses voisins et anciens amis pour savoir que ce n’était pas une expérience très agréable. Oh bien sûr, ça n’avait pas la même importance, elle n’avait aucune distinction physique particulière et il lui était aisé de se fondre dans la masse lorsqu’elle en avait l’occasion. Mais peut-être était-ce un handicap finalement, lorsque les gens voyaient une différence à l’œil nu, ils avaient forcément moins besoin de poser de questions et étaient capables de faire leur propre déductions. Ce n’était qu’une simple hypothèse, Louison se voyait très mal déambuler dans les rues de son visage natal avec l’uniforme de l’école, les conclusions que feraient ses voisins ne pourraient pas être plus éloignées de la réalité, et ce serait tendre le bâton pour se faire battre que de se livrer à une telle expérience.
Bien qu’elle ait décidé de ne pas s’y intéresser trop de trop prêt, elle ne put s’empêcher de trouver les explications d’Arthur beaucoup plus instructives qu’elle aurait bien voulu l’admettre. Même si, en l’occurrence, celui-ci ne lui dressait pas un portrait des plus reluisant de son peuple.

« Ah mince, je suis démasquée. C’est vrai j’avoue lorsqu’il s’agit des hybrides, je suis une véritable ignorante. Comme quoi je ne suis peut-être pas une mademoiselle je-sais-tout finalement. Surpris ? »

Louison préférait prendre son échec comme une plaisanterie, elle avait tellement l’habitude qu’on se tourne vers elle pour obtenir des réponses que le contraire ne pouvait que l’étonner ou la mettre mal-à-l’aise. Ses connaissances étaient la seule chose dont elle était réellement fière. Elle ne se savait pas spécialement jolie, et regardait bien souvent les autres filles de son dortoir avec admiration. Elle n’était pas comme un poisson dans l’eau dans le monde magique et seuls ses brillants résultats scolaires lui permettaient de donner le change. La plupart du temps, lorsqu’elle était confrontée à une situation nouvelle, elle perdait complétement ses moyens, étant tout à fait incapable de trouver comment réagir. Les livres lui permettaient de savoir à l’avance ce qui l’attendait et de faire croire à tout le monde qu’elle en savait un peu plus que les autres, même si dans son esprit ce n’était pas réellement le cas. La Mercœur n’était pas non plus « populaire », elle comptait ses amis sur les doigts d’une main et ne s’attendait pas à être interpellée au détour d’un couloir. Là encore, ça ne la dérangeait pas, elle s’était accommodée de cette situation, appréciant ses instants de solitude. Enfin, il y avait le quidditch, elle venait tout juste d’être nommée capitaine et espérait être à la hauteur de ses attributions, mais là encore, si elle pensait que son travail acharné lui avait permis de mériter ce poste, elle était loin d’imaginer qu’elle puisse avoir une quelconque aptitude pour ce sport. La jeune fille n’imaginait pas un seul instant qu’elle puisse se sous-estimer et tant que personne ne manifestait l’envie de formuler cette hypothèse à voix haute, elle ne l’envisagerait jamais.

« Plus sérieusement, si j’ai bien compris, tu es un égocentrique qui cherche avant tout à satisfaire tes propres désirs avant ceux des autres ? Je ne pensais pas ça de toi. »

La taquinerie allait bientôt devenir leur activité favorite, mais il venait de lui tendre une perche. Après tout, c’était bien lui qui venait de décrire les satyres de cette façon, et bien qu’il n’en soit pas un à part entière, il appartenait à cette grande famille et devait donc posséder quelques-unes des leurs caractéristiques.
Cependant Louison ne pensait pas un seul instant ce qu’elle disait et espérait fortement ne pas se tromper au sujet d’Arthur. Elle n’était pour le moment pas le moins du monde déçu de ce qu’elle apprenait sur lui et sa première appréhension en entendant que quelqu’un venait troubler sa solitude matinale c’était envolée aussi vite qu’elle était apparue. D’autant plus que son ignorance vis-à-vis du monde moldu l’amusait bien, elle n’irait pas jusqu’à se moquer, ce manque d’information était tout à fait normal, mais elle adorait pouvoir peindre son monde, qu’elle considérait naïvement comme un monde idéal.

« Bah... tu peux les rassurer en leur disant qu'il y a des manières bien plus efficaces et sures pour se suicider chez les sorciers »

En voilà une excellente idée ! Apprendre à ses parents que le quidditch n’était pas la seule manière de se donner la mort. Mais elle devait bien reconnaitre que si ses parents avaient une si piètre opinion de ce sport c’était tout simplement parce qu’elle n’avait pas été capable de le leur expliquer correctement. Louison leur avait laissé croire des choses horribles en voulant simplement raconter quelques anecdotes, il est très facile lorsque quelque chose nous est tout à fait inconnu d’imaginer le pire. Elle savait très bien que rien de ce qu’elle pourrait dire maintenant ne les rassurerait. Le mieux aurait certainement été de leur permettre de voir de leurs propres yeux ce qu’était réellement le quidditch, mais elle doutait fortement que ce soit possible. Tout ce qu’elle avait pu leur montrer était de simples photos, mais là encore, il était toujours très simple de les interpréter.
Non, l’idée d’Arthur n’avait rien de très enthousiasmante, Louison devait bien reconnaitre qu’elle ne disait pas toujours la vérité à ses parents, elle leur racontait tout ce qu’il y avait de positif depuis ce gros changement dans sa vie d’adolescente, mais évitait de mettre sur le tapis ce qui était un peu moins réjouissant. Ne pas en parler n’était pas vraiment mentir de toute façon, elle ne voulait surtout pas que ses parents passent toute l’année à s’inquiéter de ce qu’elle pourrait bien devenir.

« Oh bien sûr, je vais les terroriser, c’est une très bonne idée. Mais je doute qu’ils puissent imaginer pire que de parcourir les airs à califourchon sur des balais. Pour toi ça semble plutôt anodin je suppose, mais vu de l’œil d’un moldu, je te promets que c’est terrifiant. »

Louison se souvenait comme si c’était hier de son premier « tour » en balai, son estomac avait commencé à danser la samba bien avant le début de son cours, et c’était une Louison au bord de l’évanouissement qui s’était présentée devant son professeur. Mais fort heureusement, elle avait adoré ça, à peine le cours avait-il commencé qu’elle se sentait déjà comme un poisson dans l’eau, ce qui n’avait pas été le cas de tous les élèves, loin de là. Elle en avait même ressentie une grande fierté, elle une pauvre petite moldu qui ne connaissait rien au quidditch avait réussis là où même certains enfants, issus d’une longue lignée de sorciers, avaient échoués. Ce n’était certes, pas grand-chose, mais pour Louison c’était déjà énorme.
La jeune fille se surprit à sourire d’un air béat à l’évocation de ce souvenir, mais la question d’Arthur la fit vite redescendre sur terre. L’adolescente raisonnable qu’elle était devenue reprenait le contrôle de la situation.


« Tu comptes vraiment travailler ce matin ? Parce que sinon, on peut envisager une expédition dans la forêt. En plus, il va pleuvoir. »

Etait-ce réellement une bonne idée ? La forêt n’était certainement pas l’endroit le plus accueillant qu’elle connaissait, tous ses arbres à perte de vue lui donnaient l’affreuse sensation d’être à l’étroit, pourtant ça aurait dû être complétement différent. Chez certaines personnes, la sensation de liberté était d’autant plus forte, mais pour Louison ne pas pouvoir savoir où elle allait ne lui permettait pas de se détendre et de profiter de son excursion, elle était bien trop maniaque et organisée pour supporter de marcher au hasard sans prendre un chemin prédéfinis. En plus, il était encore assez tôt, ils se retrouveraient vite livrés à eux-mêmes, et s’il leur arrivait malheur ? Personne ne viendrait les chercher, ils seraient vraiment dans le pétrin. Louison tentait toujours en permanence d’éviter les potentiels ennuis, préférant écouter sa raison plutôt que son cœur. En l’occurrence son cœur lui disait que c’était juste une balade avec un ami et qu’elle ne craignait rien, que la proposition du jeune homme était anodine et qu’il fallait qu’elle cesse de se comporter en poule mouillée.

« Oui, je vais travailler ce matin, mais pas dans l’immédiat. Mais…. Tu crois vraiment qu’on peut partir tous les deux dans la forêt sans avertir quelqu’un ? »

La Mercoeur resta pensive un instant, se demandant si oui ou non elle pouvait se rendre dans la forêt sans s’exposer à de graves ennuis après. Elle faisait partie de ces personnes qui éprouvent une honte immense à récolter des heures de colles et elle veillait en général à ce que ça ne lui arrive jamais, il serait donc particulièrement stupide de provoquer le destin.

« Je ne me souviens pas voir lu quelque chose dans le règlement à ce sujet… Je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne idée... »

Le jeune homme allait certainement penser qu’elle manquait cruellement d’entrain et de spontanéité mais Louison n’en avait pas grand-chose à faire. L’enthousiasme d’Arthur n’avait rien de contagieux, et il fallait bien que l’un de deux joue le rôle de la sagesse.
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Arthur Ronce-Rouge
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Ven 17 Fév - 11:18

« Ah mince, je suis démasquée. C’est vrai j’avoue lorsqu’il s’agit des hybrides, je suis une véritable ignorante. Comme quoi je ne suis peut-être pas une mademoiselle je-sais-tout finalement. Surpris ? »

Ô douce victoire ! Louison ne le réalisait peut être pas, mais le fait qu'elle affirme cela contrastait nettement avec l'image qui lui portaient les Mercoeur, et le fait qu'Arthur puisse lui apprendre quelque chose était tout simplement extraordinaire. Presque prodigieux. Son large sourire du décontenancer la Mercoeur, qui enchaîna, moqueuse :

« Plus sérieusement, si j’ai bien compris, tu es un égocentrique qui cherche avant tout à satisfaire tes propres désirs avant ceux des autres ? Je ne pensais pas ça de toi. »

Le demi satyre éclata de rire. C'était bien joué. Un peu facile peut être.

- Ça m'étonne que tu ne l'ais pas deviné plus tôt, d'ailleurs. Ne suis je pas le modèle de l'individualisme, et de la recherche du plaisir en toute chose ? Tu me déçois, Lou.

Lou. C'était bien la première qu'il l’appelait ainsi. Il espérait seulement que cela ne la choquerait pas, lui trouvant ce diminutif plutôt sympathique. Mais ne souhaitant pas laisser de blanc à ce moment là, il décida plutôt de lui parler de Quidditch, cherchant à en savoir un peu plus sur les Moldus, par la même occasion. A son grand étonnement, elle avait postulé au poste de capitaine cette année, ce qui contrastait avec sa nature de jeune fille réservée et en retrait. Mais à bien y réfléchir, elle incarnait probablement le mieux les Mercoeur dans ce poste de capitaine, et pour le moment, bien que leurs entraînements se comptent encore sur les doigts du main, elle était parvenue à assumer son rôle tout en gardant la tête haute. Elle lui expliqua que ses parents avaient une peur bleue à l'idée de voir leur fille voler sur un balais, et Arthur lui répondit très sérieusement qu'elle n'avait qu'à leur dire qu'il existait des choses bien plus dangereuses dans le monde sorcier. Ce qui était vrai, en plus.

« Oh bien sûr, je vais les terroriser, c’est une très bonne idée. Mais je doute qu’ils puissent imaginer pire que de parcourir les airs à califourchon sur des balais. Pour toi ça semble plutôt anodin je suppose, mais vu de l’œil d’un moldu, je te promets que c’est terrifiant. »

Arthur haussa les épaules. Il réfléchit un instant avant de rétorquer :

- Parce que les Moldus n'ont pas de machines volantes, eux ? Ils sont suspendus dans les airs tout pareil, sauf qu'ils ne jouent pas, eux. Je vois pas en quoi un balais est plus terrifiant qu'une gigantesque boîte volante... Non mais c'est vrai, tu dois avoir l'impression de rentrer dans un cercueil !

Il avait déjà vu passer un de ces trucs au dessus de lui, notamment quand il étant enfant, et il fallait bien dire que cela lui faisait bien plus peur qu'un balais. Il espérait de jamais avoir à monter dans une telle machine. Jetant un coup d'oeil en direction de la forêt, le demi-satyre eu la soudaine envie d'aller y faire un tour. Il proposa une promenade à Louison, qui sembla hésiter un moment.

« Oui, je vais travailler ce matin, mais pas dans l’immédiat. Mais…. Tu crois vraiment qu’on peut partir tous les deux dans la forêt sans avertir quelqu’un ? »

- Hum, oui, je crois, dit il en faisant mine de réfléchir.

« Je ne me souviens pas voir lu quelque chose dans le règlement à ce sujet… Je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne idée... »

Arthur hésita entre une déception marquée ou un air narquois. Oui, la forêt était mentionnée dans le règlement. Elle était interdite aux élèves, et ils risquaient donc une sanction si le Veneur les prenait en flagrant délit. Mais ces derniers jours, le Veneur était surtout dans les jardins, à la recherche des réserves de magikjuana. Pauvre Veneur. Quant aux professeurs, rares étaient ceux qui allaient dans ce coin, ils n'avaient quasiment aucune chance d'être vus. Et quand bien même ils le seraient, ce ne serait ni la première, ni la dernière punition d'Arthur... ce qui n'était peut être pas le cas de Lou, à bien y réfléchir. Le demi satyre se leva en équilibre sur le mur, sourit à Lousion.

- Tu as tort, tu sais. Il y a plein d'endroits géniaux que tu ne peux pas voir en respectant le règlement à la lettre. Et puis, au fond, un règlement, ce n'est pas fait pour poser de vraies limites. Il est juste là pour dissuader, dit il avec un peu de mauvaise foi teintée d'ironie.

Il sauta souplement jusqu'aux pieds du mur, en dessous donc de la Mercoeur. Relevant la tête, il la regarda avec une lueur de défi.

- Allez viens. Je te promet que si on se fait prendre, et j'en doute, j'en assumerai l'entière responsabilité. Si avec ça, tu ne veux toujours te joindre à moi... j'ai bien peur que ton cas soit désespéré.

Arthur adressa un sourire moqueur à son amie et attendit une réponse. Si elle finissait par céder, tant mieux, la promenade n'en serait que plus présente. Si elle refusait, tant pis, il irait tout de même profiter de la pluie forestière d'automne.
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Louison D'Alayrac
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MessageSujet: Re: C'est beaucoup trop tôt ! [libre]   Ven 17 Fév - 15:53

« Ça m'étonne que tu ne l'ais pas deviné plus tôt, d'ailleurs. Ne suis-je pas le modèle de l'individualisme, et de la recherche du plaisir en toute chose ? Tu me déçois, Lou. »

La jeune fille n’était absolument pas d’accord avec lui, et heureusement d’ailleurs, si c’était le cas, elle ne serait certainement pas là en ce moment. Louison prit un air surprit en entendant ce surnom que seule sa famille se permettait d’utiliser. Elle n’était pas contre, loin de là, mais elle n’avait pas l’habitude de l’entendre, et sorti de la bouche d’Arthur, ça lui paraissait vraiment très étrange.
Quant à le décevoir, il avait sûrement dit ça pour plaisanter, cependant, il allait vite réaliser qu’elle n’était pas la personne la plus intéressante qu’il pouvait rencontrer. Enfin, façon de parler. Son mode de vie convenait parfaitement à la Mercœur, mais elle était intimement convaincue de ne pas faire l’unanimité. Arthur se lasserait vite de son assiduité au travail et de son manque de conversation. Elle en savait beaucoup, certes, mais pas sur les sujets que les jeunes de son âge appréciait.
Ils pouvaient aussi se contenter de parler quidditch indéfiniment, c’était un sujet sur lequel ils pourraient s’entendre quoiqu’il arrive, mais ce n’était pas sans fin, il arriverait bien à un moment où ils n’auraient plus rien à se dire.
Louison était cependant persuadé que le jeune homme était beaucoup trop gentil pour lui avouer un jour que sa compagnie commençait réellement à l’ennuyer. La jeune fille reprit subitement son sérieux, son attitude contrastant étrangement avec celle qu’elle avait quelques secondes auparavant.

« Je plaisantais, je pense que tu es tout le contraire. »

La Mercœur avait simplement tenté d’être sincère pour une fois. Elle espérait que ce revirement de situation ne mettrait pas le jeune homme mal à l’aise. Elle commençait réellement à l’apprécier, après toutes ces années passées ensemble, il était peut-être temps. Louison n’avait jamais eu beaucoup d’amis. Pourtant, elle n’avait aucun problème pour s’attacher aux gens en règle général, mais il était très difficile pour elle de rencontrer des élèves possédant les mêmes centres d’intérêts.
Seul Walter lui ressemblait pratiquement en tout point, il était tout aussi intéressé qu’elle par les bons résultats scolaires et était un adepte du quidditch. C’était les deux seules choses qui comptaient vraiment pour Lou dans sa vie à l’Académie.
Chez elle, la jeune fille était bien différente, sa famille avait une toute autre influence sur elle. Louison était nettement plus extravertie en présence de ses frères et sœurs. Oh bien sûr, elle ne regrettait pas son univers familial, étudier était quelque chose qui lui avait toujours beaucoup plu. Mais, elle devait bien avouer que tout était bien différent pour elle à l’Académie.
La discussion dévia ensuite sur le quidditch, Louison n’avait jamais abordé avec un vrai sorcier, la vision moldu des différents modes de transports et elle devait bien reconnaitre que l’avis des sorciers sur la question n’était pas inintéressant.

« Parce que les Moldus n'ont pas de machines volantes, eux ? Ils sont suspendus dans les airs tout pareil, sauf qu'ils ne jouent pas, eux. Je vois pas en quoi un balai est plus terrifiant qu'une gigantesque boîte volante... Non mais c'est vrai, tu dois avoir l'impression de rentrer dans un cercueil ! »

Il trouvait le balai plus sécurisant qu’une « machine volante » ? C’était faire preuve de peu de logique que de trouver une brindille plus apte à nous transporter d’un point A à un point B sans qu’ils risquent leur vie en permanence. Les avions étaient sécurisés, ils ne fonctionnaient pas avec quoi que ce soit de magique. Louison n’avait jamais su ce qui permettait aux balais de parcourir le ciel sans se rompre ou dévier de sa trajectoire. Après six ans passés sur des balais, elle était convaincue à présent qu’ils ne lui feraient jamais défaut. Mais l’appréhension qu’elle avait ressentie avant son premier vol avait été immense. Son premier voyage en avion avait été loin d’égaler une telle frayeur.
Ce toute façon, que ce soit un balai ou un avion, c’était sans doute la perspective de se retrouver pendu au-dessus du vide qui inquiétait le plus les gens. Etre enfermé dans une boite ou se retrouver à l’air libre ne changeait rien, la chute serait longue et douloureuse.

« Un avion, ça s’appelle un avion. C’est le moyen de transport le plus sûr chez les moldus. C’est effrayant parce que tu as l’impression de ne pas pouvoir t’échapper s’il y a un problème. Tu sais, si tu es dans quelque chose qui roule à très grand vitesse, la probabilité d’en sortir vivant est nettement plus faible. »

Louison avait préféré ne pas mentionner la voiture ou le TGV. Certes, les trains moldus devaient exister chez les sorciers. Les anglais avaient bien le Poudlard Express, ça devait être également connu par les français. La jeune fille ne savait pas vraiment où vivait Arthur et elle n’osait pas demander. Il allait certainement penser qu’elle le prenait pour une bête sauvage, absolument pas relié à la civilisation. Ce n’était absolument pas le cas, mais Lou ne pouvait s’empêcher de trouver étrange qu’il n’ait jamais entendu parler des avions, ou pas assez pour retenir leurs noms. Les aéroports ne manquaient pas, notamment à Paris, il était très difficile de passer à côté.
Arthur lui proposa subitement une promenade en forêt. Enfin, une occasion de lui montrer à quel point elle pouvait être ennuyante. Louison avait toujours tout fait pour ne pas violer une seule règle de l’Académie, elle voulait avant tout que ses parents soient fiers de son attitude d’élève modèle, et ça lui réussissait plutôt bien jusque-là. Il était absolument hors de question qu’elle mette les pieds hors du pigeonnier si c’était pour se rendre droit vers les ennuis, mais ça le Mercœur ne le comprendrait certainement pas.


« Hum, oui, je crois. »

Il ne semblait pas vraiment convaincu. Peut-être voulait-il rester vaincre pour la forcer à l’accompagner ? Louison serait vraiment déçue si c’était le cas. Il savait certainement à quel point elle détestait les retenues et peut-être encore plus faire perdre des points à son armoirie. Mais entre savoir quelque chose et le comprendre, il y avait un gouffre parfois infranchissable.
Mentionner le règlement ne lui apporta pas plus de succès. A croire qu’elle était la seule à vouloir le respecter au mot près. Le jeune homme semblait lire dans ses pensées puisque ce qu’il décréta ensuite, ne fit que lui prouver qu’elle avait tout à fait raison. C’était bien dommage d’ailleurs.

« Tu as tort, tu sais. Il y a plein d'endroits géniaux que tu ne peux pas voir en respectant le règlement à la lettre. Et puis, au fond, un règlement, ce n'est pas fait pour poser de vraies limites. Il est juste là pour dissuader. »

Ils n’avaient visiblement pas la même vision des choses. Louison avait lu et relu ce règlement une bonne dizaine de fois pour être sûre de ne rien laisser au hasard, et lorsqu’un point lui échappait, elle préférait s’abstenir, dans le doute.
Comment expliquer calmement à Arthur que si un règlement était mis en place c’était pour être respecté et non pas pour faire joli, comme le jeune homme semblait le penser ? S’il n’était pas là pour empêcher les élèves de franchir les limites, il ne servait pas à grand-chose. Normalement, pour ce qui était de la dissuasion, l’élève en question était capable de faire ce processus par lui-même. Dans le cas du Mercœur, il paraissait difficile, qu’il soit capable de se raisonner.
La jeune fille doutait même de pouvoir y arriver. Elle pouvait toujours tenter de lui balancer une de ses grandes théories sur le respect des lois, mais Louison savait déjà qu’il ne l’écouterait pas. Pour la Mercœur, braver le règlement, c’était déjà sombrer un peu dans la délinquance, mais il était plus qu’évident qu’ils n’avaient pas la même façon de voir les choses.


« Ah vraiment ? »

Louison avait pris un air suspicieux qui ne lui ressemblait absolument pas. Il y a encore cinq minutes, elle était tout à fait à l’aise, plaisantant avec le jeune homme qu’elle considérait déjà comme un bon ami, avant même de le connaitre. Mais Arthur venait de s’aventurer sur une pente glissante, elle ne laisserait jamais personne la détourner du droit chemin.
C’était sans doute une réaction un peu disproportionnée, et à bien y réfléchir, elle s’en rendait un peu compte. Mais sa réaction était plus guidée par la peur d’être punie qu’autre chose. La Mercœur avait laissé son bon sens au placard, et celui-ci ne referait certainement surface que bien plus tard. Comme à son habitude, elle passerait ensuite un certain temps à culpabiliser de s’être montrée aussi réticente et irait présenter ses excuses au jeune homme dans les plus brefs délais.
Cependant, Arthur insistait, ce qui n’était pas pour plaire à la jeune fille.


« Allez viens. Je te promets que si on se fait prendre, et j'en doute, j'en assumerai l'entière responsabilité. Si avec ça, tu ne veux toujours te joindre à moi... j'ai bien peur que ton cas soit désespéré. »

Le pire dans tout ça, était que Louison en avait réellement envie. Une escapade en forêt pouvait être réellement intéressante. Elle était sans chercher à la recherche de nouvelles plantes pour compléter l’herbier qu’elle avait commencé quelques années auparavant, et c’était sans doute le moment ou jamais de faire de belles découvertes.
Arthur ne considérerait cependant pas la soif de connaissance comme un motif valable de s’y rendre. Mais le résultat serait le même. Louison s’apprêtait réellement à céder, et cette perspective n’avait rien d’enthousiasmant.
La jeune fille pesa rapidement le pour et le contre dans sa tête, avant de répondre en faisant bien attention à ne pas accepter de manière directe la proposition du jeune homme. Elle ne pouvait pas se laisser avoir aussi facilement, c’était inconcevable.

« Eh bien… Je doute fort que tu puisses prendre la responsabilité à ma place. A partir du moment où j’ai utilisé mes jambes de mon plein gré pour m’y rendre, je serais tout aussi coupable que toi. Mais je n’y suis jamais allé… C’est… C’est intéressant. »

Lou se mit à triturer nerveusement ses cheveux, se livrant à un combat intérieur qu’elle savait perdu d’avance.
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