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 La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]

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Eurydice Montansoie
Sixième année LusignanavatarSixième année Lusignan
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MessageSujet: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Lun 9 Jan - 7:43

L’obscurité. Nul arbre n’est différent de son voisin, nul animal n’est différent de son cousin quand tous sont embaumés dans le sombre manteau de la nuit. L’eau n’est différent du vin que par l’odeur, et le sel ne l’est que par le goût du sucre. Les bâtiments sont plus austères et imposants, noirs, assombrissant les quelques endroits chanceux d’être éclaircis par les doux et glauques rayons de l’astre lunaire. On ne distingue plus statues et personnes bien réelles que par la chaleur de la peau contre le froid du bronze. La couleur de leurs cheveux n’est d’ailleurs plus reconnaissable : L’auburn passe pour du noir, le roux pour du blond, le châtain pour du rouge. Néanmoins, la couleur blanche surnaturelle d’une jeune fille était parfaitement reconnaissable, reflétée par le rayonnement de la lune ronde. A l’écart du château, près de la forêt inquiétante qui l’entourait, une rotonde aux colonnes d’inspiration grecque et finement ouvragée. En dessous du dôme de celle-ci, une jeune fille emmitouflée dans un châle de laine grise était assise au pied de la statue qui avait était incorporée dans le monument. Les nuits d’automne étaient tout de même froides, malgré le fait que le vent se taisait. Quelques feuilles mortes jonchaient le carrelage de marbre, attendant d’être emportées par un souffle et de virevolter dans les airs. La jeune fille semblait attendre quelque chose, ou quelqu’un. Ses yeux étaient dirigés vers le ciel étoilé et semblaient lire les constellations qui étaient venues éclairer leur père, le firmament. Ses cheveux tombant en une cascade de boucles sur ses épaules avaient la même couleur que les étoiles, et sa peau, si pâle, semblait luire grâce au contraste entre l’obscurité et elle.

Un léger bruit la fit tourner la tête en direction de la forêt, elle cru un instant que c’était Alexandre qui arrivait, mais non. Ce n’était qu’un oiseau qui venait de se réveiller et changer par la même occasion de branche. Elle se demanda quelle heure il pouvait être, et se demanda par la même occasion si le Courtenay était du genre à arriver à l’heure. Peut-être avait-il eu des problèmes avec le Veneur ? Si c’était le cas, alors il n’était pas doué puisqu’Eurydice n’avait jamais eu d’ennuis avec ce gardien. Il avait dit à la Lusignan qu'il viendrait, il n'y avait pas de raison pour qu'il change d'avis. Il n'avait plutôt pas intérêt à ce qu'il change d'avis.
Ce que Eurydice allait lui montrer cette nuit là n'était pas « typiquement » Lusignan, mais, c'était plutôt dans ses habitudes alors cela revenait au même.


[C'est plutôt court mais c'est un début é_è.]
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Alexandre Morel
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MessageSujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Lun 9 Jan - 20:30

[H.J. : Je crois me douter de ce que tu vas me montrer, mais je ne mets rien, n'étant pas sûre. ^^ ]

Alexandre observait la nuit recouvrir de son long manteau sombre le parc au dehors. Il n'était pas un fana des études, comme beaucoup de personnes l'avaient à plusieurs reprises constaté, mais il appréciait réellement d'être à Courtenay. Rien que pour le magnifique panorama que l'on avait sur le parc depuis la salle commune valait le coup. On pouvait le voir en détails, les diverses fenêtres encastrées dans les murs permettant d'observer les buissons de fleurs près de la salle réservée à leur armoirie. Depuis les dortoirs, on admirait surtout le lac et la forêt, et, de la place où était en ce moment Alex, sur la grande baie vitrée, on pouvait profiter du magnifique spectacle du soleil tombant en reflets mordorés sur les bosquets du parc.

Qu'était le plus magnifique ? Les vignes embrasées par la lumière orangée qui se refletait sur la plus petite feuille de pommier ? Ou bien alors le sombre manteau d'un bleu de nuit, qui commençait à peine à se parsemer d'étoiles, et qui enveloppait lentement les serres, la rotonde, les vastes jardins, pour finalement plonger le lac dans une belle pénombre. Le front appuyé contre la vitre qui se refroidissait, Alex fit à peine attention aux bruits habituels qui emplissaient la salle commune à cette heure là. Le froissement des parchemins, le crissement des plumes, lent et posé des rares qui s'avançaient dans leurs devoirs, et crispé et rapide de ceux qui avaient un long commentaire à rendre pour le lendemain. Des rires, des cris, des petites fusées de Clappe&Sifflot. Des "Chuuuuuuut" en entendant entrer le préfet.

A 20 heures, il descendit accompagné de la majorité de son armoirie dans le réfectoire. Le repas était somptueux, comme à son habitude, mais, en s'asseyant dans la salle, puis, plus tard, en en sortant, il ne put s'empêcher de chercher des yeux une chevelure argent à la table des Lusignan.
Il avait promis à Eurydice de la retrouver à 23h à la rotonde, et il était sûr qu'elle y serait.

Il laissa tranquillement passer le temps dans la salle commune, observant les autres aller se coucher ou partir mettre le bazar de nuit dans le château, au choix, faisant mine de rédiger une lettre. Un quart d'heure avant la date prévue, il sortit dans le couloir, et à pas feutrés, se rendit jusqu'à la grande porte qui menait dans le parc. Fermée. Pestant contre l'Intendant, il fit un large détour pour rejoindre le passage secret qui menait à côté des serres. En en sortant, il accelera le pas, histoire de ne pas être en retard. En général, cela ne le dérangeait pas, mais il sentait que c'était le genre de choses qu'Eurydice ne laisserait pas passer.

Quand il arriva, elle l'attendait, silhouette blanche au milieu des ombres. Il la salua, avant de lancer honnêtement :


- Je suis curieux de voir ce que tu vas me montrer...

Il se tut un instant, puis termina en souriant :

- En tout cas, j'en suis très content. Je t'avoue que j'ai craint que tu ne me traînes pendant des heures à la bibliothèque.

En effet, il avait espéré que sa conception d'être Lusignan n'était pas chercher pendant des heures la véritable manière dont s'était déroulé la bataille de Gobardeck durant la guerre des Gobelins.

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Eurydice Montansoie
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MessageSujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Sam 14 Jan - 9:52

Et enfin, une silhouette se détacha dans l'obscurité qui avait enveloppé tout le parc. Eurydice était sure que c'était Alexandre qui arrivait, ça ne pouvait être personne d'autre, mise à part le Veneur mais généralement, à cette heure là, celui-ci était parti se coucher et ne se souciait plus des mouvements dans le parc. Une initiative plutôt stupide mais qui profitait bien à Eurydice, et, par la même occasion, à Alexandre ce soir-là. Même si la jeune fille se doutait bien qu'il n'avait pas besoin d'un rendez-vous pour sortir à l'extérieur du château alors que tous les élèves étaient censés être endormis.
Il lui adressa un salut mal distint à travers la nuit et s'approcha, rentrant sous la rotonde. Eurydice leva les yeux vers lui, alors qu'elle était toujours assise sur le marbre froid qui recouvrait le sol.

- Je suis curieux de voir ce que tu vas me montrer...

La curiosité devait être l'un des sentiments les plus humains que l'on puisse épouver...Avec la pitié peut-être. Le garçon ne dit rien durant quelques secondes puis reprit :

- En tout cas, j'en suis très content. Je t'avoue que j'ai craint que tu ne me traînes pendant des heures à la bibliothèque.

Ce fut au tour d'Eurydice de sourire, la réplique du Courtenay n'était pas étonnante du fait que les Lusignans ne quittaient presque jamais leur réputation.

- Non, je me suis doutée que ça t'ennuierait alors j'ai pensé te montrer quelque chose de plus...Beau ?

La suite de cette soirée pouvait se qualifier de "belle", effectivement. Si elle se déroulait comme toutes les autres pendant lesquelles Eurydice s'était rendue à la rontonde.

- Assied toi et ne fais pas de bruit, tu vas voir, dit-elle avec un doigt sur la bouche.

Le silence était la meilleure chose pour commencer. La jeune fille récupéra sa sacoche en cuir et sortit sa lyre. A présent, Alexandre devait se douter de ce qu'elle allai faire, il n'avait plus qu'à attendre.
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Alexandre Morel
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MessageSujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Lun 16 Jan - 19:30

Eurydice était assise sur le marbre froid de la rotonde, petite tâche sombre sur le blanc immaculé. Alex était à peine visible, lui aussi. La lune, bien que présente, les éclairait d'une lumière argentée, mais se nimbait souvent de gris, des nuages assombrissant le ciel, et, à certains instants, on était dans le noir total. Quand il la remercia de ne pas l'avoir emmené à la bibliothèque, stéréotype ô combien usité des Lusignan, elle eut un petit sourire qu'il eut beaucoup de mal à voir (peut être était ce l'effet recherché ?), malgré le fait que sa peau blanche tranche avec la noirceur d'encre du paysage.

- Non, je me suis doutée que ça t'ennuierait alors j'ai pensé te montrer quelque chose de plus...Beau ?

Elle tapota avec sa main le sol à côté d'elle, et il la rejoignit, s'asseyant en tailleur. De là où ils étaient, ils pouvaient apercevoir le petit chemin pierreux qui menait au lac, entouré de hauts buissons de lavande, d'un noir profond en ce moment. Ils laissaient derrière eux la grande allée qui menait au château, et à ses quelques fenêtres peut être encore éclairés. En ce moment, dans le silence feutré qui les entouraient, sans un bruissement de vent dans les feuilles, ni un ululement de chouette, ils pouvaient avoir, pour quelques instants, la sensation d'être seuls au monde.

- Assied toi et ne fais pas de bruit, tu vas voir.

Elle tira sa sacoche en cuir vers elle, et en sortit sa lyre. Les yeux d'Alex brillèrent. Il ne s'attendait vraiment pas à ça. Il avait déjà entendu Eurydice jouer, mais ça avait été fugitif, et elle avait paru gênée d'être dérangée pendant ce qui semblait être un moment privilégié. Mais, ce soir, tout était différent. Il y eut quelques instants de flottement, où aucun bruit ne retentit.

Bientôt, les premiers accords retentirent. La présence même d'Eurydice s'effaçait, la musique paraissait sortir de nulle part, des buissons, des arbres, de l'eau paisible au loin. Alex écoutait, ne désirant pas rater une note, pas une mélodie. Les cheveux d'Eurydice refletaient leur couleur, quand elle penchait doucement la tête sur le côté, au rythme de la musique.



[H.J. : J'ai mis ça parce que c'était la suite logique. ^^ J'hésite à aller plus loin... Je préfère te laisser décrire ce que tu vas faire. Genre si tu veux faire une petite danse. xD Mais si tu trouves que c'est pas assez, envoie moi un mp, ou que je suis totalement à côté de ce que tu comptais faire, j'éditerai. :p]

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Eurydice Montansoie
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MessageSujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Dim 22 Jan - 8:27

Alexandre s’assit alors à côté d’Eurydice comme celle-ci l’avait incité quelques instants auparavant. Elle lui jeta un dernier regard à travers l’obscurité ambiante et sortit sa lyre de son sac. Elle connaissait parfaitement les courbes et les fins motifs et arabesques qui ornaient sa structure d’argent depuis maintenant des années. Les différents diamètres des cordes n’avaient plus de secret pour elle, les yeux fermés, au toucher, elle aurait pu reconnaître son instrument entre mille. Depuis son entrée à Beauxbâtons, il ne s’était pas passé un jour sans que sa lyre soit loin d’elle, la jeune fille aimait toujours l’avoir sur elle, c’était comme un sorte de porte-bonheur, une amulette à ne jamais quitter.

La jeune fille regarda alors le ciel et les étoiles une dernière fois. Orion et son chien étaient sortis. Elle reporta ensuite son attention à son instrument fétiche, réfléchissant quelques instants à la mélodie qu’elle allait jouer. Elle ne doutait plus du fait qu’ils l’accompagneraient, la nuit était parfaitement propice à cela, mais elle voulait choisir une mélopée plaisante. Qui convienne à la situation, en d’autres termes. Eurydice commença alors à effleurer les cordes, d’abord sans but précis, attendant que sa décision soit prise. Un dernier coup d’œil au firmament, elle avait trouvé.

Les premiers vrais accords se firent entendre, une musique à la sonorité plutôt triste, mais pas moins belle. La simple musique continua quelques minutes sans que rien ne se passe, venant seulement troubler la quiétude de la nuit. Puis, la jeune fille se mit à chanter. De son vrai chant. Celui surnaturel trahissant ses origines, celui surnaturel et hypnotisant, celui surnaturel et irrésistible. Elle n’avait aucunement besoin de se forcer pour le faire ressortir, celui-ci venait tout naturellement. Néanmoins, il était moins hypnotisant que celui des vraies sirènes, comme celles qui jadis fascinèrent l’équipage du héro grec, Ulysse.

« Elevez la voix,
Formez un chœur,
Que le ciel nous entende… »


Alors qu’Eurydice entonnait ces vers, ce qu’elle attendait arriva. Ils la rejoignirent, ils élevèrent la voix, ils formèrent un chœur, le ciel les entendit. Au fil des nuits que la jeune fille avait passées sous la rotonde, ils s’étaient habitués à elle, à son chant, et ils aimaient celui-ci. Ils devaient être trois, ou peut-être cinq, non. Au fur et à mesure, ils s’ajoutaient, ils étaient sept. Un nombre élevé pour leur espèce, un nombre magique. Ils rôdaient dans la forêt, sortant de leurs buissons pour joindre leurs chants à celui d’Eurydice. Triste ensemble vocal. Leurs vibratos lugubres étaient tout aussi fascinants que la voix de la jeune fille. Tous étaient différents, certains légèrement plus aigus que d’autres, certains plus courts, certains plus forts. Grâce à eux, la forêt semblait s’éveiller, comme si ils étaient la voix des arbres, la traduction du bruit des feuillages.


[Bon, ça avance pas grand-chose parce que Eury’ parle pas, mais voilà è_é]
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Alexandre Morel
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MessageSujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Mar 24 Jan - 21:45


Eurydice fit glisser son sac jusqu'à elle, et, en sortit sa lyre. Quand quelques rayons de lune perçaient à travers les nuages brumeux, ils se refletaient dans un éclat argent sur l'instrument. La jeune fille paraissait en connaître toutes les cordes, tous les motifs, toutes les facettes à la perfection. Elle fit glisser ses doigts sur quelques cordes, et les notes, sans mélodie encore, résonnaient, longuement.

Alexandre attendait. La fois précédente, il avait gardé un sentiment confus de ce qu'avait joué Eurydice, car, effectivement, il l'avait entendu bel et bien par hasard, et sans qu'elle le sache, au début. De plus, les circonstances n'étaient pas les mêmes. La nuit, la rotonde, tout cela nimbait de mystère la jeune fille et sa musique. Elle levait la tête vers les étoiles, paraissant chercher l'inspiration.

Sans qu'une parole fut échangée, la musique commença. Des accords mélancoliques, tristes, mais romantiques et d'une beauté incomparable. Tout s'enchaînait, lentement, dans une précision redoutable, comme décochant des flèches acérées qui visaient chaque sensation d'Alexandre. Un frisson lui courut dans le dos. La musique frôlait la perfection, semblant venir de partout, des arbres, du lac, dans la nuit. Inaltérables, puissants, et d'une beauté sublime, les notes s'écoulaient, lentes et pénétrantes.

Alors qu'Alexandre croyait que rien de plus beau n'existait en ce monde, il fut détrompé. Elle commença à chanter. Sa voix était d'une beauté à couper le souffle. Hypnotisante, sublime, renversante, rien ne pouvait la décrire. Rien n'était comparable à ce moment là.


« Elevez la voix,
Formez un chœur,
Que le ciel nous entende… »


Des voix se joignirent alors à la jeune fille. Certaines graves, d'autres non, mais toutes d'une perfection qui touchait au sublime. Tels des choeurs, un écho lointain qui se perdait dans la nuit, ils reprenaient ses paroles, lentement. Qui étaient ils ? Des sirènes ? Non, leur voix était beaucoup plus cristalline. Un détail lui revint du cours de magizoologie. Des oiseaux qui reprenaient les voix et accompagnaient ceux qui chantaient, à condition qu'ils les aiment bien. Mais, impossible de se rappeler le nom...

Eurydice chantait toujours, paraissant presque en transe. Sa voix était envoûtante, surnaturelle. Il se sentait ridicule, pauvre Courtenay joueur de Quidditch, face à cette fille aux longs cheveux argents, qui chantait magnifiquement dans la nuit, accompagné de voix surnaturelles. Il avait déjà entendu des Vélanes chanter, mais là, c'était tout à fait différent. Il avait envie de faire n'importe quoi pour être un peu plus digne d'elle. Non, pas d'elle, digne de cette voix magnifique. Se noyer dans le lac lui semblait un minimum.

Au bout d'un moment, qui lui parut trop court, la voix d'Eurydice diminua, finissant dans un murmure, et après un dernier accord, le silence se fit. Les voix dans la nuit prolongèrent de quelques instants la mélodie, puis ce fut tout. Alexandre n'osa pas parler, de prime abord, craignant de rompre un instant magique, qu'il ne retrouverait jamais s'il parlait. De longues minutes passèrent. Tous deux paraissaient encore appartenir au moment précédent. Maintenant qu'il n'était plus sous l'emprise de la musique, il parut à Alex qu'il respirait mieux, qu'il recommençait à penser. Après un silence qui dura un long moment, il se décida à dire, d'une voix faible au début, mais qui prit en assurance dès qu'il se mit à parler :


- C'était... magnifique. Et je crains que le mot soit insuffisant.


Non, il ne craignait pas. C'était certain. Le mot était insuffisant. Comment décrire l'envoûtement, la mélodie, qui l'avaient saisi quelques instants auparavant ? Eurydice lui paraissait différente, maintenant, sans sa musique, comme si une sorte d'aura avait disparu.


- Je n'avais jamais entendu quelqu'un jouer comme ça... C'était surnaturel.

Surnaturel, le mot était bien choisi. Quoi d'autre pour décrire cette étrange scène ? Mais il attendait de voir la réaction d'Eurydice face à cette qualification de ce moment.


[H.J. : Désolée du décalage entre mon mp et ma réponse. --' Un peu surchargée ces temps-ci, et pas trop de temps pour tout gérer. >< Si ma réponse ne te va pas, envoie moi un mp, j'éditerai. :p ]


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Eurydice Montansoie
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MessageSujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Ven 3 Fév - 16:43

Eurydice continuait de chanter sa mélopée accompagnée des vibratos des agureys présents cette nuit là dans la forêt. Etaient-ils toujours les mêmes ? Etaient-ils toujours les mêmes qui attendaient que la voix d'Eurydice résonne à l'orée de la forêt pour l'accompagner ? Sans aucun doute. Ces oiseaux à l'apparence lugubre devaient être habitués à entendre son chant traverser les broussailles des buissons à l'intérieur desquels ils nichent. Néanmoins, la Lusignan ne les avait jamais vu en face d'elle, ils préféraient rester dans l'ombre, ne jamais se montrer, n'être représentés que par la beauté funeste de leurs chants...

La jeune fille avait presque oublié qu'Alexandre était à côté d'elle tant elle était concentrée par la musique qu'elle jouait et les différents bruits de la nuit. Même le léger vent qui venait carresser les arbres de la forêt semblait s'appliquer à suivre la mélodie d'Eurydice. Elle improvisait parfois quelques changements par rapport à la musique initiale mais cela n'enlevait rien à l'air surnaturel que sa voix produisait.

Enfin, elle baissa le ton, signant la fin de a mélopée et les voix de la forêt en firent de même. Comment pouvaient-ils deviner que la musique touchait à sa fin ? Une intuition de leur part, ou une habitude, là était l'un de ces mystères du monde Magique dont on ne veut pas conaître la raison. Les accords de sa lyre se firent plus lents, plus espacés pour enfin disparâitre. Engloutis dans le silence nocturne.

Les derniers accords ne furent pas les seuls à être engloutis par le silence de la nuit, il en fut de même pour Eurydice et Alexandre. Peu à peu, les bruits de la nuit reprenaient leurs droits après s'être tut pour permettre à la jeune fille de faire part de sa voix surnaturelle. Les deux élèves restèrent quelques instants dans ce silence qui semblait iréel, tandis qu'Eurydice regardait les étoiles immobiles qui couvraient le ciel. Finalement, ce fut le Courtenay qui rompit le silence en premier :


- C'était...

Il semblait chercher ses mots, ce qui n'étonna pas Eurydice. Les personnes qui l'entendaient chanter avaient souvent cette réaction, même son frère qui y était pourtant habitué. Neanmoins, les hommes semblaient être plus sensibles à ses chants, peut-être parce qu'ils étaient moins habitués au lyrique.

-...magnifique. Et je crains que le mot soit insuffisant. Je n'avais jamais entendu quelqu'un jouer comme ça... C'était surnaturel.

- N'exagère pas quand même, répondit Eurydice qui n'était pas forcément d'un naturel modeste. C'est juste que les chants des augureys et la nuit changent la vision que tu peux avoir de cette musique.

La jeune fille se releva alors du sol froid où elle était assise depuis son arrivée, tout en récupérant sa sacoche. Elle était à présent debout face au Courtenay.

- Je suppose que cet aperçu t'a plu...?

[Pas grave, moi aussi j'suis un peu débordée x_x.
Par contre, un jour il faudra que tu me donnes ton code couleur ! xD]
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Alexandre Morel
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MessageSujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris...[Pv : Alex'.]   Jeu 16 Fév - 17:30

La musique ensorcelante de la jeune fille s'arrêta, et après un silence qui semblait nécessaire, et qui tenait presque du recueillement, Alexandre complimenta la jeune fille sur sa musique, sans chercher à dissimuler l'état d'ébahissement dans lequel il se trouvait. Celle-ci répondit modestement, mais d'un ton qui laissait tout de même entrevoir une pointe de satisfaction :

- N'exagère pas quand même. C'est juste que les chants des augureys et la nuit changent la vision que tu peux avoir de cette musique.

Les augureys... Des personnages qui tenaient presque du mythe. Il était si rare d'en croiser que les gens les considéraient parfois comme une légende. L'esprit d'Alex recommençait à fonctionner normalement. Comment la jeune fille pouvait elle faire cela ? Qu'une fille chante superbement bien, c'était rare, mais il y avait quelques personnes dans l'Académie qui en étaient capables. Mais personne, non, personne d'autre n'arrivait à produire cette mélopée ensorcelante et enchanteresque, qui envoûtait, sous un clair de lune étincelant, rejointe par des créatures nocturnes, et qui donnait une telle dimension à sa musique et à son chant. Surnaturel. Voilà le seul mot

- Je suppose que cet aperçu t'a plu...?

- Evidemment...

Il avait répondu rapidement et sans hésiter. La question était inutile. Alexandre avait qualifié cela de magnifique.

Toutefois, maintenant que la musique s'était arrêté, que le chant fascinant s'était tu, le monde reprenait sa réalité. Tout redevenait plus banal, plus simple. Le parc, même encore plongé dans les ténèbres, devenait à nouveau un simple parc. Les buissons reprenaient leurs formes habituelles, la noirceur des ombres devenait familière. Tout, sans ce chant surnaturel, reprenait sa forme coutumière. Sa présence dans ce parc lui rappelait les sorties, au milieu de la nuit, avec les Courtenay, pour aller dormir à la belle étoile, ou mettre un peu le bazar dans un coin du parc. Cette musique qui lui avait semblé si forte quelques instants auparavant semblait s'estomper, ne laisser que quelques bribes en souvenir. Il aurait été incapable de rappeler à sa mémoire la mélodie qu'elle venait de jouer. Il se rappelait juste de l'envoûtement qui l'avait saisi, des premières notes, jusqu'au dernier quatrain.

Seul le souvenir restait, la poésie sur le moment partait, s'évanouissait dans les ténèbres. Alex sentait confusément que quelque chose clochait dans ce qui s'était passé. Tout semblait irréaliste. Il avait déjà été soumis au charme des Vélanes, quelquefois, en se rendant à des matches de quidditch, notamment, où leur présence était très prisée. Oui. C'était en présence de Vélanes qu'il avait déjà ressenti cette sensation.

Il recula d'un pas, s'adossant à l'une des colonnes de marbre du petit édifice. L'admiration éperdue avait fait place à de la confusion, puis de la méfiance. Cela lui paraissait trop surnaturel. Qu'elle soit Vélane ne le dérangerait pas le moins du monde... Alexandre était parmi les premiers à faire face aux préjugés racistes des autres élèves, principalement des violets. Néanmoins, il n'appréciait pas l'idée qu'on puisse le manipuler, jouer avec ses sentiments ainsi. Il préférait être... prévenu. Aussi demanda t'il, d'une voix légèrement tendue.


- Qui es tu ? Je veux dire... Une Vélane ?

La question pouvait sembler abrupte, posée de cette manière, mais Alexandre ne l'avait pas dit méchamment. Son ton était curieux, intéressé mais inquiet tout de même. On ne pouvait camoufler la légère nuance d'angoisse qui perçait derrière, à l'idée qu'elle puisse le manipuler avec le pouvoir si connu des Vélanes.

Pourtant, Eurydice ne correspondait pas aux stéréotypes de beauté des Vélanes. Elle était belle, sans aucun doute. Mais ses longs cheveux étaient argent, et pas blond platine. Ses yeux n'étaient pas d'un bleu azur. Il suggéra, l'idée pointant dans son esprit :

- Sirène, peut être ? il se passa la main dans les cheveux, gêné, ce qu'il était rarement. Excuse moi, mais ça m'a paru... tellement surréaliste.


[H.J. : J'essaye de faire passer la stupeur d'Alex dans ce poste. C'est à cause de cela qu'il te questionne ainsi. Mais, si ça ne te va pas --> mp. ^^ Au fait, mon code couleur : yellowgreen. :p ]

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